Victor Pouchet, Voyage voyage

Victor Pouchet, Voyage voyage

Orso et Marie s’aiment, mais leur quotidien insouciant se heurte à un chagrin brutal. Pour faire diversion, ils se lancent dans un road-trip improvisé. Grandiose et dérisoire, celui-ci les mènera du musée du Poids au musée de l’Amiante, du musée de la Gendarmerie à celui du Pigeon, en passant par Lourdes, la Moselle et Saint-Tropez. Et ce, pour une raison majeure : « Orso voulait mettre en place ce qu’il appelait la théorie de la grande diversion. Il avait trouvé cette formule dans un livre et elle lui plaisait. Il fallait se changer les idées. Penser à autre chose. Chercher l’aventure dans des endroits inédits ; aller là où ils n’étaient jamais allés ; voir ce qu’ils n’avaient jamais vu ; avancer un peu plus loin, au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau. »

D’où une suite d’étapes et de détours pour partir à la recherche d’autres vies que celle des deux amoureux. Ils tentent, dans cette échappée, de préserver en eux un esprit d’enfance que l’âge adulte laisse trop souvent derrière lui. Ce roman d’amour autant que d’aventures devient une merveille de drôlerie et de tendresse.
En conséquence, Voyage voyage (clin d’œil à un standard d’une chanson fin de siècle) invite à choisir les chemins de traverse pour trouver de la joie là où on ne l’attend pas. Le couple, face à ce qui l’envahit, cherche un refuge. Certes, il n’y a rien à conquérir mais ils comprennent ce qu’ils peuvent en retrouvant un fort taux de vision et d’imagination. Et aussi de vérité – celle, bien sûr, qu’il faut recréer.

jean-paul gavard-perret

Victor Pouchet, Voyage voyage, Gallimard, collection L’arbalète/Gallimard, 2025, 288 p. – 29,00 €.

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