Véronique Bergen, Alexander McQueen

Véronique Bergen, Alexander McQueen

Un visionnaire

Créer, pour McQueen, fut de rêver le monde et faire interagir les phénomènes de mode avec son propre filtre perceptif. C’est une forme de folie consciente acceptée par McQueen dont le génie, écrivait-il, prend cette forme :  « Vous devez connaître les règles avant de les briser. C’est pour cela que je suis là, pour démolir les règles tout en préservant la tradition. »
Faisant exploser sa créativité chez Givenchy puis dans sa propre maison, il rêva la haute couture sans le savoir ni même le vouloir. Mais une telle « folie » de faire fut induite par des névroses personnelles. Mais la mode fut pour lui l’antidote à à certaines induction.

Véronique Bergen fait découvrir l’univers si personnel de ce créateur en évoquant ses inspirations, son langage, ses références et ses démons. L’essayiste illustre un tel esprit réfractaire qui mena la mode loin des dogmes. Il fut d’une certaine manière un double du médecin de la couture et poète des formes traitées parfois comme solipsistes et intenses, énigmatiques.
Violemment douloureux et fulgurant, il succomba pendant une courte période aux édens des Fashion-weeks. Se rendait-il compte parfois de ses erreur ? Véronique Bergen le souligne avec finesse tout en rappelant le plus important : McQueen était plus élevé que beaucoup d’autres.

Sa (con)quête esthétique dans l’oubli de sa mimèsis fut au cœur de ses mises en tension d’une mode voisine de sa science technique et de sa magie. D’une certaine manièr,e il s’est sacrifié par ses particularités mais aussi son unicité – ce qui créa une fongibilité universelle. Ses vêtements ne furent jamais pétrifiés dans le rigide pour faire échapper les femmes à des comportements mimétiques. Même si certains y estimaient une dialectique du beau et du laid.

jean-paul gavard-perret

Véronique Bergen, Alexander McQueen, éditions E/P/A, 2024 – 30,00 €.

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