Veronika Marques, Self-portrait Autoretrato & Camilla
D’une certaine manière, Veronika Marques fait barrage à ce qui unit. Demeure un arrêt là où les corps sont frappés de ressemblance par ce qui les unit et les sépare. La photographie parle le langage de l’amour mais de manière aporétique.
Deux femmes se cherchent mais ne se laissent pas aller : peur de l’affect ou légitime respect ? Tout demeure comme au sein de la communauté inavouable : celle des amantes réduite à un jeu pudique/impudique. L’aurore de la vie monte là où l’amour reste un saut encore suspendu. Tout demeure mutique en des points fixes d’une danse spatiale : séparation et jonction, phase par phase, plan par plan. Les femmes restent à l’écoute l’un de l’autre. Mais à distance.
Cette distance est-elle la bonne ? Pas vraiment. Pas en totalité. Demeure un face à face. Un dialogue silencieux. La femme ne se veut ni l’épieuse, la foliacée, la mante religieuse, l’étrangette, la laîche, la vulnéraire, la salicaire, la nielle. Elle se reste la contemplante contemplée. Le temps passe mais il semble s’immobiliser.
jean-paul gavard-perret
Veronika Marques,
– Self-portrait Autoretrato, Editions Centro de fotografía Montevideo (Uruguay), 2017 – 18,00 €,
– Camilla