Variations pirandelliennes (Luigi Pirandello / Valérie Aubert)
Exercices de style identitaire
Le spectacle commence par un contraste frappant entre l’hommage fugace à une mère disparue dont on perçoit l’image fantomatique, et la musique pompière de Toto Cutugno. Deux personnages prennent place, dont Cecè, entremetteur notoire, conduit à s’interroger sur son identité : connu de tout le monde, il ne peut s’y reconnaître, comme s’il devait s’ignorer pour démultiplier ses relations.
On change de lieu à la faveur du déplacement de quelques éléments de décor. C’est une femme dont on ne connaît pas la profession qui vient se prononcer à l’emporte-pièce sur sa condition, sur la précarité de l’existence, finissant par tenir un discours émancipateur devant la dépouille de son père, comme si la liberté de son propos en constituait la teneur.
Les tableaux successifs ne sont pas enchaînés. Un personnage attablé à la terrasse d’un café explique qu’il s’attache aux traits extérieurs des personnes qu’il croise pour en traquer, par anticipation, les aspirations. Il n’agit pas par plaisir, mais explore les capacités d’adhérence de la conscience à son objet pour en saisir la valeur. Car la fleur symbolise la proximité de la mort, propre à irradier le réel d’une richesse insoupçonnée.
La quatrième scène s’ouvre par des litanies qui sont prononcées à l’occasion des funérailles d’un fils, parti depuis sept ans pour études. Des réflexions sont développées sur le sens de la vie et celui de la mort, et peut-être sur leur réversibilité. La représentation est cohérente ; elle fait connaître un aspect moins léger et plus spéculatif de Pirandello, au risque de s’en tenir à une sombre méditation.
christophe giolito
Variations pirandelliennes
(extraits de Cecè, Circulez !, La fleur à la bouche et La vie que je t’ai donnée)
de Luigi Pirandello , mise en scène Valérie Aubert
Avec Cédric Altadill, Valérie Aubert et Samir Siad.
Scénographie Anne Guillonne ; son Cédric Altadill ; lumière Alireza Kishipour ; décors Nathan Rabeu ; costumes Laure Berto.
Au théâtre de Poche Montparnasse
Du 3 septembre au 9 novembre 2024.
Du mardi au samedi 21h, durée 1h20.
Renseignements et réservations au 01 45 44 50 21
Coréalisation
Théâtre de Poche-Montparnasse et la Compagnie Théâtre en Partance.
