Thibault Biscarrat, Rites et naissances

Thibault Biscarrat, Rites et naissances

Influencé par le monde de la spiritualité, Thibault Biscarrat passe ici au pur chant. Il y fait preuve de toute sa magie verbale. Le voici une fois de plus non celui qui devient mais celui qui est : est ici l’initié, l’inspiré qui certes semble profiter d’une sorte de grâce acquise puisqu’il « connaît les origines du chant » mais aussi « les lieux cachés ».

Le poète reste le créateur cosmique particulier : celui qui « contemple le cercle de la sphère » par le compas de la croix. Son écriture est celle des portes et des bouches d’ombre et de lumière, le pays des plis, des haleines et de soies avec la rencontre de l’ « étrangère ». Elle devient le relais qui à sa manière ourle l’attendu de la plénitude du ciel.

L’âme et le verbe charpentent l’hymne à la joie au milieu des « arpèges mystérieux / des accords séraphiques » en s’enfonçant dans les ténèbres non de soi mais des forêts. Et soudain, l’illumination est là-haut « Parmi les sphères de saphir ».

Contre une poésie trivialement barbare, Biscarrat demeure ainsi l’ailé, héritier à sa façon de Claudel adepte comme lui des « re-naissances ». La prière y joue son rôle important. Elle n’est jamais celle de l’instant mais de l’éternité de la rencontre avec soi-même dans une telle poésie. Elle devient une graine pointue, acérée, déconcertante pour les lectrices et lecteurs qui sont alors au loin d’eux-mêmes, parfois dans les moments les plus inattendus.

Cette graine fleurit, s’ouvre, emporte pour se saisir tout entier et la comprendre, même après des années où certain(e)s étaient et restent encore parfois des égaré(e)s. Ils ou elles retrouvent chacun à leur manière et par l’entremise de Biscarrat la « parole naissante ».

jean-paul gavard-perret


Thibault Biscarrat, Rites et naissances, Editions Le Nouvel Athanor, 2025, Paris, 68 p. – 17,00 €.



Laisser un commentaire