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Tag: Jean-Paul Gavard-Perret

La pianiste

La pianiste

Dans un fond de lascivité pure cousue par sa musique, elle ne cherchait qu’à être elle-même. Un aria montait, englobait, débarrassait sa carcasse de la moindre graisse superflue et ne quittait jamais l’immanence de la vie comme marque du triomphe définitif sur le néant. Sur son clave-seins elle donnait une forme à ce concept qui engendra la vérité intouchable. Pour jouer, elle n’aimait pas porter un soutien-gorge : c’était pour elle un emballage de gâteaux qui finissait par traîner sur…

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Entre terrains

Entre terrains

(Couper la coupure) Disons que j’ai tailladé sa coupe de cheveux une fois de plus, d’autant qu’elle insiste pour se manifester autant canyon que canon.  D’elle qui était une, j’ai fait deux jusqu’à réunir ses définitions sous le concept intersection – où généralement tout androgynie est partagée en deux. Et ce, dès lors du Banquet où Platon lui-même put se servir et disposer de tout convive quelque que fut le genre. jean-paul gavard-perret Photo : Florence Deba Post Views: 48

Les enchaîné(e)s

Les enchaîné(e)s

La réciprocité est totale pour deux sujets désirants. Leur pliure explique que nous croyons à l’autre quand il nous est symétrique. C’est aussi notre miroir et il possède autant que nous des fantasmes. Par le plaisir que l’on partage et qui nous est donné – nous devenons êtres suprêmes. Chaque moitié(e) est donc bien plus qu’un support ou substitut : il reste l’Autre tout en y avançant un peu plus. Sous une telle surenchère, voici la voie. Surgit la figure…

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Le bruit des cils

Le bruit des cils

Dans l’abbatiale, une figure mystique et féminine reste suspendue au-dessus d’un miroir d’eau. Sa beauté spirituelle, mais pas que, frugale et d’apparence contemplative, n’est pas de l’ordre du décor. Elle fonctionne comme une chambre d’écho. À mesure que les jours passent, ce que le regard recueille n’est pas seulement du domaine du beau ou du sacré, mais de la dissonance par une telle forme de visage et sa lenteur qui n’effrite jamais l’extérieur. jean-paul gavard-perret Photo : Melody Mac Daniel…

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Cent mêlés

Cent mêlés

Tends l’oreille : ton corps s’est changé en rivière, il boit pour comprendre et l’eau le traverse comme un souvenir qu’il n’a pas encore vécu. Il sent son nom se dissoudre en lui et devient le passage par lequel il continue de naître. Dans sa chambre d’eau, il n’a plus de poids, il s’élargit et ton cœur devient réservoir. Il voit dans la transparence les visages aimés. Leur lumière te traverse, circule – il n’y a plus de bords. jean-paul…

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