Su Robinson la rivincita di Proust profeta del nostro tempo ritrovato (Dans « Robinson », la revanche de Proust prophète de notre temps retrouvé).
Il grande scrittore, riscoperto ora anche dai bookclub, tra centinaia di inediti e l’amore dei lettori forti è protagonista del numero in edicola da domenica 9 novembre
La Repubblica
di Ilaria Zaffino
08 Novembre 2025
Alla ricerca del Proust perduto. La Biblioteca Nazionale di Parigi ha lanciato una campagna di raccolta fondi per aggiudicarsi un’eccezionale collezione di manoscritti inediti e altri documenti — sarebbero circa 900 pezzi in totale, del valore di 7,7 milioni di euro — che ricostruiscono tasselli mancanti dello straordinario universo chiamato Marcel Proust. E a 103 anni dalla morte dello scrittore francese (cade il prossimo 18 novembre), i fan si mobilitano e si moltiplicano sul web gruppi a lui dedicati. Altro che deficit di attenzione, nonostante la lettura sia in crisi — e non si può negarlo — nell’era della velocità e della fretta esistono virtuosi baluardi di resistenza della lettura lunga. E lo scrittore “extralarge” per eccellenza, con le circa tremila pagine della sua Recherche, torna così a essere d’attualità.
A lui è dedicata questa settimana la copertina di Robinson in edicola da domenica 9 novembre. Daria Galateria ci guida attraverso la mole di carte proustiane, tra le lettere inedite agli editori e i rifiuti del suo capolavoro, alla scoperta di nuove sfaccettature della personalità di Proust. Tra i mille accidenti della pubblicazione, piena di inciampi, apprendiamo per esempio che ben 35 correttori, per lo più donne, lavorano alla sua prosa impossibile e compaiono nuovi “colpevoli” tra gli editori che rifiutano di pubblicare il romanzo.
Eppure quando finalmente vede la luce, anche se incompreso dai critici, il libro incontra subito il favore dei lettori. E a distanza di oltre un secolo continua a incontrarlo. Del fascino dei libri infiniti, che sono un atto di resistenza contro la dittatura della velocità, ci parla Melania Mazzucco. Perché, come Proust ci insegna, perdersi in un romanzo di centinaia e centinaia di pagine equivale a un tempo ritrovato: non dunque rubato o sottratto alla vita, ma al contrario aggiunto e moltiplicato. La scommessa della durata è stata, del resto, raccolta e vinta dai contemporanei: lo dimostrano successi popolari che vanno dalle sterminate saghe fantasy a Donna Tartt o Hanya Yanagihara, ma anche romanzi più estremi come I libri di Jakub di Olga Tokarczuk (1120 pagine) o Theodoros di Mircea Cartarescu (poco più di 700).
Dicevamo del consenso che la Recherche di Proust ancora incontra tra il pubblico oggi: molti dicono di conoscerla, ma in pochi ci si sono confrontati sul serio. Un gruppo di iscritti al nostro bookclub L’isola di Robinson ha lanciato la proposta di affrontarla insieme. Quale occasione migliore dei sette volumi proustiani per riscoprire la lentezza e così esercitarsi a recuperare la concentrazione in risposta al deficit di attenzione che caratterizza questi nostri tempi volatili? Scoprite sul nostro supplemento cosa ne pensano i lettori del nuovo millennio. […]
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traduction :
Le grand écrivain, redécouvert maintenant par les bookclubs, à travers des centaines d’inédits et l’amour de fidèles lecteurs, se voit dédié le nouveau numéro en kiosque de ce dimanche 9 novembre
par Ilaria Zaffino
08 Novembre 2025
La Repubblica
À la recherche du Proust perdu. La Bibliothèque nationale de Paris a lancé une campagne de collecte de fonds pour acquérir une collection exceptionnelle de manuscrits inédits et d’autres documents – environ 900 pièces au total, d’une valeur de 7,7 millions d’euros – qui reconstruisent les pièces manquantes de l’univers extraordinaire appelé Marcel Proust. Et 103 ans après la mort de l’écrivain français (le 18 novembre prochain), les fans se mobilisent et les groupes qui lui sont dédiés se multiplient sur le web . Autre que le déficit d’attention, bien que la lecture soit en crise – et on ne peut pas le nier – dans l’ère de la vitesse et de la hâte, il existe des bastions vertueux de résistance de la longue lecture. Et l’écrivain « extralarge » par excellence, avec les quelque trois mille pages de sa Recherche, retrouve ainsi son actualité.
Cette semaine, la couverture de « Robinson » lui est dédiée, en kiosque dès le dimanche 9 novembre. Daria Galateria nous conduit ainsi à travers la masse de papiers proustiens, entre les lettres inédites aux éditeurs et les déchets de son chef-d’œuvre, à la découverte de nouvelles facettes de la personnalité de Proust. Parmi les mille accidents de la publication, pleine d’embûches, nous apprenons par exemple que 35 correcteurs, pour la plupart des femmes, travaillent à sa prose impossible et qu’apparaissent de nouveaux « coupables » parmi les éditeurs qui refusent de publier le roman.
Pourtant, quand il voit enfin la lumière, bien qu’incompris par les critiques, le livre rencontre immédiatement la faveur des lecteurs. Et à plus d’un siècle de distance, il continue de le rencontrer. Du charme des livres infinis, qui sont un acte de résistance contre la dictature de la vitesse, nous dit Melania Mazzucco. Parce que, comme nous l’enseigne Proust, se perdre dans un roman de centaines et de centaines de pages équivaut à un temps retrouvé : non pas volé ou soustrait à la vie, mais bien au contraire ajouté et multiplié. Le pari de la durée a d’ailleurs été recueilli et gagné par les contemporains : le démontrent les succès populaires qui vont des sagas fantastiques à la Donna Tartt [ (Le Chardonneret, 2013 ]) ou à la Hanya Yanagihara ( [Une vie comme les autres, 2018] ), mais aussi les romans plus extrêmes comme Les livres de Jakób d’Olga Tokarczuk ( [2014], ndt, 1120 pages) ou Theodoros de Mircea Cărtărescu ( [2022, ndt], un peu plus de 700).
Nous parlions du consensus que la Recherche de Proust rencontre encore aujourd’hui parmi le public : beaucoup disent la connaître, mais peu s’y sont sérieusement confrontés. Un groupe de membres de notre bookclub « L’île de Robinson » a lancé la proposition d’y faire face ensemble. Quelle meilleure occasion que les sept volumes proustiens pour redécouvrir la lenteur et ainsi s’exercer à retrouver la concentration, en réponse au déficit d’attention qui caractérise nos temps volatils ? Découvrez dans notre supplément ce que pensent les lecteurs du nouveau millénaire. […]
frederic grolleau
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