Sous mission

Sous mission

Seuls, avant l’afflux des visiteurs, nous estimions recevoir l’énorme gifle de la Joconde autant dressée qu’assise. Hélas, sans le moindre halètement de sa vision, nous nous détournâmes de l’armure de son sourire. Je me sentis expulsé par celle que j’aurais préféré voir nue et diaphane. Je ne fus en rien lapin ébloui par un tel phare mythe de notre culture. Je n’ai là rien trouvé rien de réaliste. Au mieux, j’aurais pu la prendre comme une utopie éloignée de la féerie des Cent-vingt journées de Sodome de Sade.

Une telle femme ne fut pas un délire mais à peine une hypothèse d’interprétation de sa figure atone comme le monde et sa fiction. Certes, dans chaque peinture, un possible délimite l’espace d’un poste d’observation. Sa construction mentale ne propose souvent qu’une soumission au regard commun, parfois à un envoûtement ou une illusion. Mais la manigance de De Vinci fit de sa Joconde le fruit et l’obsession de ses névroses ou de sa passion.

Photo : Maria Achard

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