Son heure
Sauvageon de l’imprévu, ses coups de dés le déconcertent. La prise de risque est simple: en bordure de falaise, à l’orée du vide, il se jette pour dépasser la vitesse du son dans une traversée inédite des supports, abîmes et abysses.
Ni il ne tombe ni ne songe à la mer qui tonne et roule bas. Bref, sa chute est impensable. Sorte d’esprit frappeur donnant un cap de l’indéfini vers l’infini, il prend son souffle, son élan et comme Samson par les cheveux. Déconcertant et au bord du non-être, il devient un phénomène géant en lisière de néant.
Il affiche, en jet professionnel d’allure portante, l’intelligence des engins de son corps et le souffle de ses tubes pour dépasser le mur du son. Mais la difficulté autant liée à sa technique qu’à sa révolution, celui-ci va lui donner, une sacrée leçon par compression et fusion. Le voici étalé comme un tableau. Fidèle à Bram Van Velde, ce qu’il aime dans la peinture c’est que c’est plat.
jean-paul gavard-perret
Photo : Austin Fisher
