Six ou Sète ?
Je viens de partir de ta chambre. Reste ton soupir et la fenêtre ouverte sur un rayon de soleil dont l’aiguille annonce un fiasco. Reste un moignon de lieu où logeaient deux cœurs. Dans le mien, ma croix ne manque pas. C’est mon muscle ravagé. Il passe au vent léger, ne cherche même pas à oublier ce que tu as raté – c’est une sorte de souvenir sens dessus-dessous.
Restent des verres de whisky à deux pour briser sa glace et ton monologue n’égrainant que du rabâché. J’ai étouffé ma tristesse en écoutant des « idées » de partenaire digne et tomber à terre après avoir cherché à me draguer d’une main baladeuse pour que je devienne amoureuse… Faute de mieux, une blague cent fois citée et à dormir debout jusqu’à attendre l’aube est une bonne raison pour filer.
Je marche encore, je marche pour croiser plein d’amour. Mes pieds foulent Sète si prodigue en chaleur pour me promener dans le réel et ressentir, étrangement étrangère. Je pleure mais je me sens proche de moi ailleurs. Le sel ici a la même odeur que là-bas où s’est effacée jusqu’à la fenêtre. Le désir soudain aura l’odeur sur la peau de chacun des marins.
jean-paul gavard-perret
Photo de Shelley Duval
