Simon Tofield, Simon’s cat se fait la belle

Simon Tofield, Simon’s cat se fait la belle

Un buzz du web devenu livre. Hilarant

Simon Tofield est illustrateur et directeur du studio d’animation londonien Tandem Films. Passionné par ses trois chats – Hugh, Jess et Maisie -, il fait en version dessinée ce que nombre de propriétaires de ces incroyables boules de poils imposent à leur entourage : raconter leurs exploits du quotidien.
Mais Simon Tofield a du talent, et ses saynètes vidéo sont devenues des succès phénoménaux sur YouTube (près de 60 millions de fans dans le monde entier). Des dessins simples et un trait ferme qui rendent parfaitement non seulement les attitudes de son héros « le chat de Simon », mais aussi ses ronronnements ou miaulements, dans une série de vignettes parfois hilarantes.
Tofield choisit certains comportements habituels de son – et nos – compagnon à quatre pattes (jouer avec une boîte vide, s’immobiliser pour observer on ne sait jamais quoi, chasser férocement les insectes…) et les transforme en véritables scènes d’hystérie.
Exagérer à l’extrême un comportement normal pour le rendre risible tout en restant crédible, voilà le secret de son succès. Après un premier volume paru l’an passé, les éditions Fleuve Noir récidivent avec cette nouvelle adaptation papier des fameux petits films d’animation couronnés de nombreux prix.

Tofield sait transmettre beaucoup par son coup de crayon, et ce talent se traduit fort bien sur papier. Par ailleurs, l’immobilité des dessins lui a permis d’ajouter des détails qui rendent les saynètes de cet ouvrage plus complètes que celles que l’on peut voir sur la toile.
Dans Simon’s Cat se fait la belle (Beyond the Fence), le chat de Simon met à exécution la menace que tout enfant a faite un jour à ses parents : il fugue. Après l’humiliation d’un bain forcé, délicieusement décrit en une série de dessins pleine page – toute personne ayant jamais essayé de donner un bain à son chat sourira à ce douloureux souvenir -, le chat passe par sa chatière et prend la clef des champs, outragé que l’on ait osé le traiter de la sorte.
Aidé d’un groupe de nains de jardin et de hérissons, il franchit la barrière et part dans le vaste monde. Malheureusement pour lui, celui-ci s’avère peuplé d’oiseaux, de souris et de lapins tous plus cruels les uns que les autres avec notre pauvre héros, qui ne cherche après tout qu’à se nourrir ! Une série d’expériences peu amènes pour un aventurier en herbe, en quête de liberté et d’indépendance, mais fort drôles pour le lecteur. Toujours en noir et blanc, les dessins sont plus travaillés dans le livre, en particulier les décors.

Mais la capacité du dessinateur à créer d’un seul coup de crayon un personnage vivant, disposant d’une vaste palette d’expressions, spécificité qui a fait le succès initial de Simon’s Cat sur Internet, est bel et bien là. Tofield parvient aussi à éviter l’écueil de l’anthropomorphisme creux et bébête en ne cherchant pas à faire de son chat, ni des autres bestioles qui peuplent ses pages, des êtres humains : qu’ils soient héron hautain, outre affectueuse, souris râleuse ou « chat-émissaire », les créatures gardent leur identité animale, ce qui n’empêche pas leurs sentiments d’être évidents.

 Un livre à recommander en particulier aux cat lovers, donc, même si le style faussement naïf de Tofield et son sens inné de l’absurde peut plaire à tous et a déjà fait de ses Cat stories un succès qui dépasse ce seul public.

Lire notre chronique de Simon’s cat, envers et contre tous !

agathe de lastyns

Simon Tofield,  Simon’s cat se fait la belle, Fleuve Noir, novembre 2010, 256 p.- 14,90 €

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