Simone Forti, « Exposition »
Simone Forti (née à Florence en 1935) est une artiste parmi les plus influentes dans le développement des pratiques contemporaines de la performance. L’exposition rassemble deux acquisitions récentes de la Fondazione per l’Arte CRT moderne. Le mouvement et le son, leur relation inextricable composent ce qui lie les œuvres exposées.
Les corps et l’ensemble de l’environnement réagissent et déterminent en même temps ces vibrations des sons. Simone Forti résonne avec elle-même et avec le monde qui l’entoure. Son parcours artistique agit comme un diapason : il absorbe et crée des ondes à travers l’espace, qu’ils soient faits de gestes, de voix ou de musique.
Les « Illuminations » restent le résultat de la méditation de l’artiste sur le parchemin, à partir de la matrice qui sous-tend la formation des chiffres arabes et de l’étoile de David. Ce sont des mentalisations de la forme de trajectoire puissante : les études d’énergies centripètes et centrifuges sont capables d’activer des champs d’imagination et l’enchantement dans la répétition du cercle.
Des imprimés végétaux rouges marquent le parchemin créant un rythme. Les transparences de leur arrière-plan, l’intensité de leur immédiateté, parlent avec l’immédiateté de la lumière et du mouvement. Elles se souviennent de la saison du premier cinéma d’animation du XXe siècle avec ses géométries animées.
Pour preuves, les « carrousels » – illuminés dans l’obscurité dans « Le Retour à la raison » de Man Ray, les mouvements circulaires de sphères dans le « Ballet mécanique » de Fernand Léger – sont des films connus de Forti depuis sa jeunesse.
« En bas » qui remonte à 1973 a été élaboré par Forti dès 1968. Traversant le paysage américain, l’artiste a recueilli quatre cartes postales d’espaces naturels., sans limites et, dans l’imaginaire, dense de sons. L’une d’elles montre un Buffle pour l’une des premières images d’animaux.
Quatre paysages sonores de 5 minutes créent le rythme rapide et régulier d’un tambour qui active le rebond du regard au plus profond de l’espace. Un accord aigu constant de trois voix pour un paysage de cascades afin de traduire l’éternel grondement de leur flot.
Enfin, une ligne mélodique – sifflée par l’artiste – accompagnant le bison sur le fond de la prairie, avec des notes allongées et mélancoliques comme le souffle d’un vent – traverse le vide et semble la désincarnation de l’animal devant notre regard.
jean-paul gavard-perrret
Simone Forti, Exposition, Gam, Turin, jusqu’au 24 juin 2023.
