Sandro Giordano, In extremis
La série du romain Sandro Giordano In extremis, avec le sous titre « Bodies with no regret », crée du mouvement là où apparemment il n’en existe plus. Mais dans un tel chaos mortel haut en couleur, le photographe dédramatise les chutes et les poses. Le visage des « victimes » reste toujours caché. Tout tient du décor et des postures.
Tombés à terre, les « sujets » sont dans des positions improbables, affaires éparpillées, ce qui donne tout un arsenal de repères et d’identités. Le but est moins cependant de présenter une enquêtes que des situations comiques . Car c’est vieux comme le monde : toute chute est drôle.
Le photographe met au besoin des habitudes de consommation plus fortes mais ses modèles sont devenus plus forts que leur instinct de survie. Chacun(e) chute mais en s’agrippant aux objets dans ses mains comme s’il voulait les protéger eu égard à sa situation.
Sandro Giordano a demandé comme volontaires des amis qui ont dû rester sans bouger longtemps dans une position inconfortable. De telles scènes ont demandé parfois plus de dix jours de travail pour obtenir le résultat souhaité.
D’abord très longtemps acteur, il est devenu photographe autodidacte sur le tard et ne se consacre aujourd’hui plus qu’à son projet déclinable comme, dit-il, des « histoires courtes » mais surtout courbes dans le monde de « tous ceux qui tombent » (S. Beckett).
jean-paul gavard-perret
Sandro Giordano, In extremis, www.sandrogiordanoinextremis.it, 2024.
