Rodolphe & Olivier Roman, Le Marin Céleste

Rodolphe & Olivier Roman, Le Marin Céleste

En 2022, Rodolphe avait initié une histoire se déroulant sur Sprague (Daniel Maghen), une planète en grand danger car l’eau y disparaissait. Il revient sur les lieux avec un nouveau récit autonome, un one-shot qui n’est pas une suite.

Sur une place de village, Popeye a installé son étal pour vendre sa camelote. Il parcourt ainsi, avec son bateau volant, le Nimbus, une partie de la planète Sprague. Son bateau, qui fonctionne à l’énergie solaire est très fonctionnel. Passionné par l’histoire, il couche celle-ci par écrit à partir des documents qu’il peut récolter lors de ses pérégrinations. C’est un client qui lui fait découvrir une plante bleue qui envahit tout.
En route pour retrouver Prune, sa réparatrice d’objets en tout genre, il repère un étrange objet qu’il s’empresse de récupérer. C’est au moment de repartir qu’il entend un gémissement et voit un énorme insecte pris au piège de ces herbes bleues. Popeye réussit à le délivrer et l’insecte s’en va.
Popeye rejoint Prune et après une belle série de câlins, il évoque ces herbes menaçantes. Elle parle alors d’un livre qu’il lui a demandé de restaurer et qui a pour titre Les 7 plaies du monde. Mais la progression des plantes est fulgurante et le couple se retrouve assiégé, en grand danger…

Pour cette histoire, Rodolphe met en scène un couple de personnages vivant à la limite de la légalité. L’un est un peu escroc, l’autre est faussaire. Ils s’entendent très bien pour mener leur commerce. La planète est en danger comme l’est la Terre qui fait face, de façon moins agressive, certes, à des plantes invasives. Certaines, selon les régions, peuvent être encore contenues, limitées dans leur envahissement.
Le scénariste prend le parti de la science-fiction. Le cadre général s’inscrit dans une société proche de celle du XVIIIe siècle avec quelques avancées technologiques qui restent inexpliquées. Il installe une race d’extraterrestres, un peuple étrange, mi-homme, mi-insecte qui, selon un in-quarto relié en cuir noir, porterait le nom de Baron Rostre.

Le dessin d’Olivier Roman est tout en finesse, en clarté, avec des traits légers pour une mise en images réaliste. Que ce soit dans les vues panoramiques où ses perspectives font merveille, ou pour des gros plans. Il propose des détails pertinents. Les personnages sont facilement identifiables et leur gestuelle est naturelle.
La colorisation est l’œuvre de Denis Béchu qui joue avec maestria de teintes retenues dans des gammes douces pour donner des éclairages de toute beauté. Le grand format sied superbement à la valorisation du graphisme et à cette intrigue qui mêle fable écologiste, aventure et science-fiction

L’album se clôt avec une série de planches illustrant les 7 plaies et une conclusion qui est l’œuvre de Prune. Cette histoire se lit avec un grand plaisir pour l’histoire attrayante qu’il propose, son couple de héros attachant et un graphisme superbe.

Rodolphe (scénario), Olivier Roman (dessin) & Denis Béchu (couleurs), Le Marin Céleste, Éditions Daniel Maghen, mai 2025, 88 p. – 19,00 €.

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