Roberto Cotroneo, Lo sgardo rovesciato
Hop là !
Roberto Cotroneo souligne que des millions de photos postées et partagées sur les réseaux sociaux sont multipliées par les machines analogiques et numériques de plus en plus sophistiquées mais aussi de plus en plus dépassées par les tablettes et les smartphones.
Par des milliards d’images, nous serons envahis dans les années à venir, car jamais auparavant la photographie n’a accompagné chaque instant des journées de chacun d’entre nous : des photographes plus ou moins conscients, qui, avec le simple geste de sortir leur téléphone portable de leur poche, ont appris à livrer des vies entières, des souvenirs et de la beauté à des flux d’images stockées (et souvent oubliées) dans une mémoire externe artificielle.
Pour l’auteur, des images que l’on croit éternelles sont, en réalité, beaucoup plus éphémères et vouées à l’oubli que les anciennes diapositives. Des clichés que l’on peut multiplier à l’infini mais qui ne peuvent être mieux visualisés que dans la très petite taille du cadre d’un smartphone. Des selfies qui démontrent à quel point la nouvelle photographie de l’ère numérique devient de plus en plus un miroir, et non une fenêtre sur le monde. Manière de perdre sa magie pour toujours.
Mais qu’adviendra-t-il de la vérité et du pouvoir de la photographie ? Qu’adviendra-t-il de sa magie si particulière, qu’il révèle et explique, qu’il dénonce et met à nu ? Roberto Cotroneo s’interroge dans cet essai sur la photographie et son histoire, qui est aussi un mémoire très personnel, capable d’évoquer la magie même des images photographiques.
jean-paul gavard-perret
Roberto Cotroneo, Lo sgardo rovesciato, La Feltrinelli, 2025, 161 p. – 7,00 €.