Robert Lebel, La troisième horloge, poésies et récits, 1943-1986

Robert Lebel, La troisième horloge, poésies et récits, 1943-1986

Renouer avec le domaine du murmure

Né à Paris à Paris en 1901, et mort dans la même ville,en 1986, Lebel fut critique et collectionneur d’art, écrivain, poète. Proche du surréalisme, sans en être cependant un fidèle, il fréquenta André Breton durant son exil à New York entre 1940 et 1944, mais aussi Marcel Duchamp, Max Ernst, Isabelle et Patrick Waldberg.
Il publia notamment : « Masque à lame » (Hémisphères, 1943), « Léonard de Vinci ou la fin de l’humilité » (Le Soleil Noir, 1952), « La double vue » avec des illustrations d’Alberto Giacometti et Marcel Duchamp (Le Soleil Noir, 1964), « L’Oiseau-caramel et La Saint-Charlemagne » avec des illustrations de Max Ernst (Le Soleil Noir, 1969 et 1976).

Il a laissé quelques traces, dont divers poèmes et récits aux accents fan­tas­tiques que ce volume s’attache à regrou­per. Cet ensemble, à l’image de la poé­sie de Robert Lebel, est placé sous le signe d’une énig­ma­tique troi­sième hor­loge.
Une première horloge, « exacte’, serait celle du temps social qui régit l’humanité affairée. Une deuxième horloge, « déréglée », celle du temps vide qui tourmente quelques solitaires. Quant à a troisième, elle  détour­ne le cours de la tem­po­ra­lité sociale, mais subrep­ti­ce­ment et invi­si­ble­ment : « C’est à l’intérieur même du temps social, et non à l’écart, ce qui déjà serait édi­fiant, que nous crée­rons, sans néces­sai­re­ment le lais­ser entendre, des zones de refus et de légè­reté », écrit l’auteur.

D
ès lors, écrire implique de refuser toute posture littéraire grandiloquente, en retrait, installée, pour renouer avec le domaine du murmure, de l’inutile, du secret.

jean-paul gavard-perret

Robert Lebel, La troisième horloge, poésies et récits, 1943-1986, L’Atelier Contemporain, Strasbourg, mais 2023, 432 p. – 25,00 €.

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