Richard Meier, Un trou sera parlant

Richard Meier, Un trou sera parlant

En larges feuilles, dessins et mots font ici des trous dans la tête. Ardents comme Fanny, sage comme l’image, furioso comme Orlando, et quoique dedans, dehors, partout les mots feront que « le trou sera parlant ». L’auteur s’en fait le prophète, mêlant l’art et ici l’écriture de la plus belle espèce. Savante, elle concocte sa musique en habiles jeux de citations, entre Henri Chopin et chopine autant qu’entre Joyce et Butor.

Mais ici, l’R est libre – tous phonèmes phénoménaux compris – pour l’appel le plus vibrant. Certes, existe toujours un risque : trou pète. Il convient donc de trouver celui où les mots de « salp’être » découvrent un poète de taille plus que tailleur là où la une bouche n’est pas une pipe.

Tapi, le créateur attend les lettres en louves, renardes, agnelles mais aussi dames dites de joie dont il ne se prive pas. Elles défilent pour tous les impairs à commettre et transforment tout savoir en ça voir et entendre.
Entre trou be or not trou be, haro sur l’hésitation ! Comme les femmes qui impriment de pli en pli des phrasés souples sur leurs poitrines, l’auteur chérit de ses vœux sous velours ou satin (noir) la littérature. Il file en leur Q.G. mais devine à tout coup le point G.

Ses écritures ne sont pas forcément précieuses. Mais qu’importe les ridicules : jouisseuses, elles deviennent les plus convenables des partenaires. Et c’est pourquoi l’auteur tente le coup là où rien ne manque de souffle. Il occulte le trou fion et opte pour le trou la la itou de l’air des chansonnettes des trous sœurs sans larmes de fond même si, en cas de chat-grain, celui-ci miaoute pour être entendu.

Qu’importe donc les maux de la tribu. Par coups de glotte, timbres, sifflements, cris et autres perceptions, Je est une note. Et voici une fête foraine où le verbe fait la fête non en accords des on, mais d’éjaculations sonores revenues à leur racine première. La plaisanterie biblique est donc remisée, puisqu’à l’origine non fut le verbe mais la caverne des échos liés.

Dès lors, auteurs : révisez vos œuvres. Et qu’’importe si vous êtes aussi myope que Joyce dont l’Ulysse de son odyssée fut comme lui flibustier des bustiers. Bref, à bon entendeur, soyez !

jean-paul gavard-perret

Richard Meier, Un trou sera parlant, Editions Voix, Elne, 2025, 19 p., prix non indiqué.

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