Rhys Bowen, Son Espionne royale vole au secours de Belinda
Une belle série de cosy crime historique
Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugénie est la fille du duc de Glen Garry et Rannoch. Son père est un des petits-fils de la reine Victoria. Georgiana, dite Georgie. a un rang très éloigné du trône britannique. Elle a abandonné tout espoir, et tout droit, d’accéder un jour au fauteuil royal en épousant un catholique. Georgie est mariée depuis trois mois avec Darcy. Elle l’a encouragé à refuser un emploi de bureau au ministère des Affaires Étrangères. Une semaine plus tôt, il a accepté une mystérieuse mission et a filé sans révéler la nature de sa tâche ni sa destination.
Depuis, Georgie s’ennuie même si elle devenue la maîtresse d’Eynsleigh, un domaine qui appartenait à sir Hubert, un ex-mari de sa mère et dont elle est héritière. Elle décide d’aller à Londres, mais ses amies sont absentes et son grand-père chéri ne peut pas venir chez elle. C’est en arrivant à son domaine que Belinda Warburton-Stoke la rejoint, revenant de Paris.
Cette dernière, en papotant, lui révèle qu’elle est sur le testament de sa grand-mère. Celle-ci lui lègue une belle fortune et une propriété en Cornouailles, dont elle ignorait l’existence. Elles décident d’aller voir cette possession. Or, ce qu’elles découvrent les afflige. La maison inhabitable est située sur une côte dépouillée et elle sert de base, semble-t-il, à des activités délictueuses.
Elles pensent trouver un refuge lorsque Belinda rencontre Rose, une jeune femme qu’elle a connue et qui les invite à séjourner chez elle. Belinda se retrouve dans un triangle amoureux qui va dégénérer quand un homme est retrouvé assassiné et qu’elle se présente comme la coupable idéale…
Bien qu’éloignée du siège royal, elle a toutefois mené des enquêtes à la demande de la reine elle-même ou se trouve impliquée, comme c’est le cas dans le présent tome, à des affaires en lien avec des amis ou des connaissances. La romancière place son héroïne dans des situations difficiles. Ainsi, elle a dû vivre bien pauvrement quand elle a fui sa famille parce que son père voulait la marier de force. L’auteure instille dans le cours de son récit nombre d’éléments biographiques, d’informations de famille, d’éléments de la société dans les années 1930.
Pour cet ouvrage, Rhys Bowen fait référence à Rebecca, le célébrissime roman de Daphnée du Maurier, un livre qu’elle a dévoré tant il l’a captivé. Elle parsème d’ailleurs nombre d’allusions au contenu. Elle introduit également des sujets difficiles. Ainsi, elle dénonce avec vigueur, la propension de certains hommes à considérer les femmes comme des proies dont on peut abuser sexuellement. Elle s’appuie sur ces propriétaires de grands domaines terriens qui estiment que leur personnel leur appartient et qu’ils peuvent en faire ce que bon leur semble.
Avec un style dynamique, des scènes cocasses ou pénibles, avec des dialogues pétillants, des propos enlevés, la romancière signe un nouvel opus des plus plaisants avec cette héroïne attachante au possible.
serge perraud
Rhys Bowen, Son Espionne royale vole au secours de Belinda – tome 14 (The Last Mrs. Summers), traduit de l’anglais par Blandine Longre, Éditions Robert Laffont, coll. La Bête Noire, juin 2025, 378 p. – 14,90 €.