Raphaël Majan, Une contre-enquête du commissaire Liberty : « Le Collège du crime »

Raphaël Majan, Une contre-enquête du commissaire Liberty : « Le Collège du crime »

Revoir ses anciens camarades de classe fait resurgir de vieux élans meurtriers chez le commissaire Liberty Wallance…

Troisième enquête du commissaire Paul « Liberty » Wallance, « Le Collège du crime » met en scène les anciens camarades de classe de « Popaul » du Collège évangélique Jésus de Voltaire. Le 25 avril 2003, Liberty reçoit une invitation à une réunion d’anciens élèves. L’occasion est trop belle pour le commissaire de se venger de tous ces enfants qu’il méprisait et qu’il méprise encore maintenant qu’ils sont adultes. Aucun ne vaut la peine que l’on s’attarde sur son cas. Tous sont fades, plats et surtout d’une bêtise crasse. Tous sauf, peut-être, Sophie Destivonne, une fillette qui boitait mais qui le respectait.

Le commissaire va jouer à son jeu favori : commettre un crime et trouver un coupable. Ce coup-ci, sa préférence va au cyanure et à une victime prise au hasard. Le commissaire verse la dose mortelle dans un gobelet de champagne, le pose sur une table et s’empresse d’aller aux toilettes. À son retour, le couperet est tombé. Et c’est la malheureuse Sophie Destivonne qui a succombé. Le hasard est vraiment sans pitié. L’opiniâtreté que le commissaire mettra à rechercher le coupable n’en sera que plus grande. D’autant que Martine qui, outre sa maîtresse, est aussi la femme de son second, Lavraut, est omniprésente.

Et à partir de là, les événements s’enchaînent et tout semble aller de travers pour le commissaire qui trouve que, vraiment, il n’a pas mérité tout ça. L’idée du meurtrier en série germe et s’installe. Les crimes se succèdent. Les coupables foisonnent et la logique du commissaire, qui n’hésite pas à prendre des notes froides sur son calepin, fait fureur. C’est un véritable massacre parmi les anciens de Jésus de Voltaire !

Dans un style caustique, mais trop souvent répétitif, Raphaël Majan entame la deuxième salve des Contre-enquêtes du commissaire Liberty. Si le style, très littéraire, garde son souffle, il n’en est pas de même des intrigues. « Le Collège du crime » et « Les Japonais » (le quatrième volet de la série) pourraient être des calques parfaits l’un de l’autre. Le thème seul change et c’est bien dommage. Reste un certain plaisir de lecture pour qui aime la logique de l’absurde.

julien védrenne

   
 

Raphaël Majan, Une contre-enquête du commissaire Liberty : « Le Collège du crime », P.O.L., 2004, 202 p. – 12,00 €.

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