Qu’os tique

Qu’os tique


Qu’est-ce m’intéresse ? Je me branle de la raison, m’en torche comme d’une pomme et ne me heurte jamais aux élans mystiques, leur rire d’éclair et leur soleil invisible. Quant au bon goût poétique, je n’en ai pas plus la moindre idée. Qu’importe son affectation ampoulée, ou la crudité de son obscénité lyrique. Elle recycle les topos abstraits d’arsouilles qui pensent pour écrire et raser de près le flou, le ciel, l’infini, l’amour, la vérité. Mais ils ne sont même pas capables de les parodier tant ils s’estiment extatiques et lugubres jusqu’à deviser qu’aimer c’est aimer mourir.

De tels serments déclaratifs s’estiment compte rendu d’une expérience intime. Alignés en vers, ils empilent du litanique pour chanter la bouse des universaux selon l’exaltation en apnée sous couvert d’halètement expressionniste. C’est bien plus fade qu’assez phallique même chez Old der Line – archangélique spectre de ses dernières années. Préférons voir surgir l’os sec des lignes de Beckett. Elles finirent, loin des poncifs, en textes brefs au procédé d’un nouveau de comique.


Photo Beth Reese

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