Pierre Naudin, Yolande de Maillebois
Dame Yolande n’accordera pas le divorce à son infidèle mari. Elle croyait pourtant bien le connaître
Dame Yolande n’accordera pas le divorce à son infidèle mari. Elle croyait bien le connaître. Le traître ! Après avoir partagé sa couche pendant plus de vingt ans, il l’assomme à présent de phrases assassines, lui vantant sans cesse les mérites de sa rivale.
C’est plus qu’elle n’en peut supporter. Profitant d’une absence guerrière, et avec l’aide de son dévoué écuyer, Yolande apprend à monter, puis à manier la lance, dans le dessein d’humilier son époux lors d’un tournoi, devant sa dulcinée.
Difficile de s’immerger dans cette romance à la croisée du genre historique et du roman de chez Harlequin. A tous points de vue, cet ouvrage est une déception. De l’univers du Moyen-Âge – qui, seul, pourrait se révéler digne d’intérêt – on ne retrouve que des mots éparpillés, unis dans une syntaxe contemporaine, qui achève de nous dérouter. D’ailleurs, le choix des mots qui font l’objet d’une définition semble être plus qu’aléatoire. Si la signification de certains, pourtant assez simples, est reprise de nombreuses fois au fil des pages, d’autres moins transparents ne sont jamais expliqués.
Le récit pourrait tout aussi bien se dérouler de nos jours tant les descriptions font défaut. Pas une seule fois, on ne sent sur la peau l’humidité tenace, l’odeur de pierre propres aux bastides médiévales.
Yolande de Maillebois a la désagréable particularité de ne jamais totalement cacher son auteur. Tout au long du roman, le journaliste est présent, ne laissant pas de répit à nos tentatives d’essor vers un monde imaginaire. Le texte est ponctué d’astérisques qui renvoient à des rappels de l’Histoire de France, comme si l’auteur voulait faire preuve de sa connaissance en la matière, connaissance qui ne trouve pas sa place dans l’œuvre romancée. L’intrigue enfin, n’apporte pas l’évasion nécessaire à l’oubli des points faibles. Cent fois vue, la vengeance d’une femme trompée n’a rien d’exaltant, d’autant que l’auteur multiplie les maladresses : toutes ses tentatives pour créer un semblant de suspense échouent, les indices n’étant pas assez subtils pour échapper à la perspicacité du lecteur. En somme, un roman insipide qui, pour seul mérite, nous laisse à peine entrevoir la richesse de la langue médiévale.
j. bencivengo
![]() |
||
|
Pierre Naudin, Yolande de Maillebois, Pocket, novembre 2003, 187 p. – 5,00 €. Première édition : Aubéron coll. « histoire à l’encre noire », janviier 2000, 187 p. – 16,00 €. |
||
