Philip Glass, Satyagraha

Philip Glass, Satyagraha

Dans Satyagraha, le rythme est extrêmement lent et les accords se métamorphosent imperceptiblement, Tout repose sur d’infimes déplacements, des glissements progressifs sur la variation minimale. L’art de Glass est là : il crée un envoûtement singulier, une fascination hypnotique là où le temps se brouille sans repères : il ne s’écoule plus, il se dilate quand l’abandon ouvre à une disponibilité nouvelle.


De plus, dans cet opéra, la partition, privée de percussions, repose sur un tissu de cordes et de bois dont la régularité est aussi mécanique que souple. Ingo Metzmacher maintient la pulsation de l’orchestre qui laisse affleurer des micro-variations.
Celui-ci laisser filtrer des nappes sonores dont les motifs se répondent grâce aussi aux chœurs formés par Ching-Lien Wu et aux voix qui participent à un tel flux instrumental et magique.

Philip Glass, Satyagraha, Palais Garnier, Paris, du 10 avril au 3 mai 2026

Opéra en trois actes (1980)
D’après la Bhagavad-Gita

Durée : 3h25 avec 2 entractes
Langue : Sanskrit
Surtitrage : Français / Anglais

Synopsis :

Quelle est l’influence de Gandhi sur le monde politique contemporain ? C’est cette question qu’explore Satyagraha, l’opéra de Philip Glass (1980), deuxième opus de sa trilogie consacrée à des personnages historiques avec Einstein on the Beach (1976) et Akhnaten (1984). Pour autant, Satyagraha – « force de la vérité » en sanskrit – n’est pas un biopic.

Cette œuvre à la musique hypnotique mélange les temporalités et associe chacun de ses trois actes à une figure clé liée à Gandhi pour mieux appréhender la genèse de sa pensée politique : Léon Tolstoï avec qui il correspondit, le poète Rabindranath Tagore qui le soutint, et enfin Martin Luther King, nourri par ses principes de non-violence.

Satyagraha
 fait son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris dans la mise en scène de Bobbi Jene Smith et d’Or Schraiber qui y ont déjà signé la pièce chorégraphique Pit. Pour eux, cet opéra « n’est pas seulement une méditation sur l’histoire mais un appel à l’action et une leçon puissante qui résonne encore plus aujourd’hui ».

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