Paule du Bouchet, La langue de l’hirondelle

Paule du Bouchet, La langue de l’hirondelle

L’enfant sauvage

La poésie de Paule du Bouchet devient la matière de son récit, né de l’enfance, qui nous façonne un flot continu et souterrain. Aux abords de la maison de la grand-mère, dans une boucle de la Seine, le temps de l’été s’étire.
Paule du Bouchet est gamine espiègle avec le cousin David casse-cou, elle construit des cabanes, explore des maisons abandonnées, exerce le pouvoir de nommer des choses en parlant la « langue de l’hirondelle » rétive aux conventions pour rejoindre son intime.

Comme André de Bouchet elle rappelle : « Mots puisque vous êtes parlez». Il ne suffit pas de les tasser mais, par touffes, éparses de les lancer à l’air libre pour que de l’ombre jaillisse la clarté.
L’auteure avance pour épurer le moindre là où il s’agit moins d’émerger du français que de la langue à dire pour un horizon aérien  qui se lève contre la nostalgie et son chaos.

L’enfant sauvage demeure plein de fond. Le trait est sa limite. Le vide y crée le concret. Décoiffée, déshabillée, dispersée sans inquiétude elle oublie les coups portés. Elle s’offre une démesure que le récit anime d’une poésie aux coups d’ailes.

jean-paul gavard-perret

Paule du Bouchet, La langue de l’hirondelle, Gallimard, collection Blanche, 08-02-2024, 156 p. – 21,00 €.

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