Patrick Cauvin, Le Silence de Clara
Un père désespéré face à l’autisme de sa fille va peut-être trouver dans le surnaturel une solution
Imaginez que votre enfant soit autiste et que rien ne puisse le guérir, jusqu’au jour où une ébauche de réponse se présente par le biais du surnaturel. Que penseriez-vous ?
Ferdinand Bond élève seul sa fille autiste de neuf ans, Clara, depuis que sa femme Lorna l’a quitté – elle ne supportait plus la maladie de la fillette ni ses crises épisodiques de violence.
Ferdinand travaille dans le milieu du cinéma ; très pris, il consacre tout son temps libre à sa fille. Un jour, il lit quelques lignes dans le cahier de dessin de Clara : elles font référence à un voyage en Alaska qui n’aura lieu que dans un siècle. D’abord intrigué, Ferdinand est stupéfait de découvrir que ces lignes ont été écrites par sa fille. Impossible puisque Clara n’a pas accès au langage ! De quoi devenir fou… à moins que la solution ne soit pas totalement rationnelle et qu’avec l’explication de ce mystère se profile une chance de guérison pour l’enfant. Afin d’aider Clara à s’ouvrir au monde des hommes, Ferdinand va se lancer dans une véritable enquête, à la recherche d’une vérité qui le dépasse.
Plus besoin de présenter Patrick Cauvin, un des auteurs français les plus populaires, auteur entre autres de Haute-Pierre, E= MC2 mon amour, ou Laura Brams.
Il aime varier les genres et entraîner ses lecteurs dans des aventures allant de l’histoire d’amour au récit biographique en passant par le roman fantastique. C’est dans cette veine-là que se risque l’auteur avec Le Silence de Clara. En partant du quotidien douloureux de Ferdinand, qui doit affronter seul l’autisme de sa fille, Patrick Cauvin laisse peu à peu glisser son récit vers le fantastique tandis qu’il esquisse une solution à cette maladie hélas bien réelle.
L’idée de base est bonne, et l’on admire vraiment l’amour que porte Ferdinand à sa fille, son sens du sacrifice. L’auteur restitue avec justesse les difficultés que pose l’autisme dans la vie d’une famille. Cependant, les états d’âme du père, sa souffrance, prennent parfois trop d’importance et l’ennui gagne un peu dans la première partie. Tout comme Ferdinand, le lecteur espère que Clara va s’éveiller. La brèche que le texte écrit de la main de Clara à propos d’un voyage à venir ouvre sur le fantastique relance l’histoire et nous précipite vers une fin surprenante.
Toutefois, ce roman reste inégal et ne convainc pas tout à fait. Le surnaturel ne devient pas totalement naturel au lecteur, et le silence de Clara finit par l’envahir plus que de raison..
franck boussard
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Patrick Cauvin, Le Silence de Clara, Albin Michel, 2004, 264 p. – 18,90 €. |
