Patrice Blanc, La mer de méthylène

Patrice Blanc, La mer de méthylène

Déchets de corps d’ange

Chez l’auteur, et comme son nom l’indique, les blancs entre les vers et qui les espacent représentent l’ultime déliaison avant l’assaut final du silence. Ils signalent en outre l’évidence réfractaire au discours du discours. S’y cachent les traits d’existence ou de non-existence enfouis, inexpugnables où se dessinent un bref sourire lorsqu’un ange se frotte les os.

Le silence semble retardé mais plus pour longtemps. Ni miroir, ni lucarne, la page devient le lieu où le regard séparé du jour et de lui-même voit ses yeux s’ouvrir sous le monde. Neutre de toute agressivité, de toute libido, de toute vie, si ce n’est une vie végétative, demeure dans cette « mer » un moyen de rentrer vers la fin à travers le circuit de la vie même si un mince espoir subsiste en lieu et place du dernier soupir. Cet autre du soupir n’est donc pas encore coupé. Les mots ont beau cesser et les images disparaître, une errance se poursuit inexorable.
Jamais on n’en connaîtra – pas plus que ceux qui la subissent – le point d’arrivée, l’échéance finale.

jean-paul gavard-perret

Patrice Blanc,  La mer de méthylène, Les éditions du Contentieux, Toulouse, 2017 –  10,00 €.

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