Ouest terne

Ouest terne

Au désir touristique répond le « désœuvrement » cher à Blanchot. Les déserts sont les portes d’une attente qui n’espérait pas la fascination. Leurs seuils ouvrent le rien et le tout, suspendus dans l’espace et le temps. Les atteindre n’est pas le but, c’est l’échéance de de la pensée. Elle va à sa rencontre et son recommencement.

Mais les déserts ne sont pas des aboutissements. Ils ne meurent pas : ils prolongent l’infini dans leurs diverses théâtralités qui ignorent le moche. Nul besoin de s’abandonner au regard de la paresse. Chacun est sidéré face ce qui ne devait « a priori » rien receler de l’absolue puissance de l’émotion. La vastitude, la vacuité, l’ocre des monuments minéraux sont moins exotiques que radicaux. Ils offrent la hantise du Lieu.

L’homme y est mort, mais les déserts deviennent notre père : leur silence toise le monde bavard. Dans leurs entrailles baroques, les signes dépassent le puritain. Ils incarnent notre part maudite et notre négatif heureux : ils n’appartiennent pas à la tribu des hommes aux oreilles bourrées de bibles et de talmud.

Photo : Osceola Refetoff

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