Noëlle Giret, Jean-Louis Barrault, une vie pour le théâtre

Noëlle Giret, Jean-Louis Barrault, une vie pour le théâtre

Pour fêter dignement le centenaire de sa naissance

À l’occasion du centenaire de la naissance de Jean-Louis Barrault, a paru ce bel ouvrage qui mêle suite chronologique et commentaires de praticiens du théâtre qui évoquent les temps forts du parcours de Barrault ainsi que son insatiable curiosité pour toute forme d’expressions artistiques. « Comment notre époque, parfois si éprise de commémorations, aurait-elle pu laisser passer dans l’indifférence le Centenaire de Jean-Louis Barrault ? Comment rappeler à la mémoire collective un comédien qui a apporté, du mime jusqu’au cinéma, sa créativité singulière ? Comment rendre hommage à un créateur qui a mené une troupe aux plus hauts sommets et l’a préservée des tempêtes qui n’ont pas manqué de se lever ? Enfin comment reconnaître l’un des plus talentueux ambassadeurs de la culture français à l’étranger ? » (Pierre Bergé)
L’ouvrage est illustré par les plus belles pièces provenant des archives Renaud Barrault, entrées au département des Arts du spectacle de la BNF, en 1995. Leur exceptionnelle richesse témoigne du bouillonnement artistique des années 1930 aux années 1980. Ces documents collectés et conservés par Barrault lui-même, dans une lutte incessante contre l’éphémère de son art, sont de toute nature : mises en scène et partitions manuscrites, esquisses et maquettes de décors et de costumes, affiches, photographies, costumes et accessoires de scène.

À vingt ans, Jean-Louis Barrault se destine à une carrière artistique, ne sachant pas encore très bien s’il va s’orienter vers la peinture ou le théâtre… Après un passage à l’Ecole du Louvre, il se retrouve chez Dullin. Son choix est fait : il signe sa première mise en scène en 1935, Autour d’une mère, adaptation d’un roman de Faulkner. Il fut proche d’Antonin Artaud, des surréalistes et de la bande à Prévert : il est alors considéré comme l’une des étoiles montantes de la nouvelle avant-garde du théâtre.
Il fonde quelques années plus tard sa propre compagnie, avec Madeleine Renaud, et l’établit au Théâtre Marigny où il applique avec succès les préceptes du Français. Une troupe, un répertoire, un programme fondé sur l’alternance, programmation qu’il diversifie par des concerts, des récitals de poésie, des expositions ou encore des conférences…
D’autres lieux suivront : le Palais Royal, l’Odéon, le Récamier et enfin le Rond-Point.

Sa passion et sa conception du théâtre expliquent l’éclectisme d’un répertoire qui couvre tous les genres et toutes les époques, de nos jours à l’Antiquité, à travers Eschyle, Shakespeare, Molière, Claudel, Feydeau ou Genet. La popularité de la compagnie fut immense tant en France qu’à l’étranger…
Et au fil du temps, les mémoires étant sélectives, Jean-Louis Barrault demeure Baptiste, l’homme blanc des Enfants du Paradis.

la redaction

   
 

Noëlle Giret (sous la direction de), Jean-Louis Barrault, une vie pour le théâtre, préface de Pierre Bergé, 220 x 280mm, broché cousu à rabats, 120 illustrations, Gallimard, décembre 2010, 168 p. – 35,00 €

 
     

 

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