Nicole Schmitt, Infiniment bleu (exposition)
Au simulacre des affabulateurs se substitue chez Nicole Schmidt une gestuelle puissante qui crée à travers l’imaginaire de l’artiste l’expérience singulière d’une vision intérieure en une poussée aussi céleste, océane que terrestre.
Chez la plasticienne, le bleu réclame la lumière de l’existence. Il est comme cette dernière opaque, mais par son redoublement la transparence suit. Son injonction emporte même si son support reste parfois apparent.
Son épaisseur est de l’ordre de la taie. Elle enfouit. C’est pourquoi, à qui ne veut pas voir elle impose sa présence évocatrice.
La force pariétale des formes et du bleu font tenir le regard là où rien n’est enclos où à sa « juste » place. Le voyeur lui aussi est saisi de bougeotte : il est non devant mais dessus et dessous.
Preuve que pour Nicole Schmitt recouvrir, c’est ouvrir.
Certains diront que ce n’est pas grand chose que la peinture. Mais au sein de telles taches éruptives surgit un étrange ballet d’images fixes, sensibles contre les refoulements.
L’artiste donne corps à ce qui n’en a pas ou qui en a trop : à savoir le plaisir, preuve que la vraie peinture « primitive » est tout sauf un simulacre.
jean-paul gavard-perret
Nicole Schmitt, Infiniment bleu, exposition, du 17 au 22 décembre, Eole La Bathie-Mongascon 38110 , 240 CHEMIN DE RENODEL, au fond de la cour
