Nicole Calfan, Toi l’ours, moi la poupée

Nicole Calfan, Toi l’ours, moi la poupée

A croire que Nicole Calfan a été sponsorisée par quelques grands couturiers ou parfumeurs pour sortir ce bouquin

Madame, vous m’avez déçu…

Mon petit cul doré rassasié de plaisir et de soleil débarque dans la capitale. Cette phrase n’est pas de moi . Elle est signée de la comédienne Nicole Calfan, laquelle a cru à tort à ou raison faire un livre sur ses amours avec Jean Yanne. Curieux livre. Un peu dérangeant, voire malhabile. Que nous raconte Nicole Calfan en dehors d’elle-même ? Pas grand-chose. Au moins ai-je appris qu’elle commença sa carrière à la Comédie française, qu’elle tourna avec Belmondo et Delon et aussi que pendant sa liaison avec Jean Yanne, elle a osé le tromper avec un acteur de seconde zone ! Monsieur Yanne aurait-il aimé voir ainsi étalé – en gros caractères – un pan de sa vie ? Je n’en suis pas certain…

Enfin, je ne peux pas juger à la place de ce grand Monsieur du cinéma français, de ce trublion des années 70 ayant égayé à la radio des millions d’auditeurs ! Jean Yanne m’a offert des films comme Trois heures moins le quart avant Jésus-Christ, Tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil et puis ces fameux Chinois à Paris. Il m’a ému dans certaines de ses prestations. Qui ne se souvient de sa partition en Laval sous les auspices de Jean Marbœuf dans son magnifique Pétain campé par un non moins magnifique Jacques Dufilho ? Jean Yanne, en lisant Nicole Calfan, était un bon vivant, un grand amateur de femmes, un voyageur, un hâbleur… L’homme selon elle avait du charme. On s’en serait douté.

De ce livre, je n’attendais pas grand-chose et surtout je ne m’attendais pas à voir quasiment à toutes les pages des noms de marques prestigieuses. Vous ne me croyez pas… un coup de Chanel par là, un coup de Céline par ici, un coup de… par ailleurs ! A croire que Nicole Calfan a été sponsorisée par quelques grands couturiers ou parfumeurs pour sortir ce bouquin. Moi, je m’attendais à des anecdotes de tournages, à de croustillantes histoires de cinéma comme chacun d’entre nous les aime. Au final : rien. Un livre où certaines phrases sont un peu dérangeantes. La preuve, page 132, Nicole Calfan se permet d’écrire à propos d’Ava Gardner Lorsqu’elle n’est pas trop saoule, elle tourne l’après-midi, sinon elle dort. Nul n’ignore que Mlle Gardner avait un penchant pour l’alcool mais à quoi bon en rajouter ? Gardner sera toujours Gardner alors que Nicole Calfan me semble-t-il – depuis combien de temps n’a-t-elle pas tourné de films ou de téléfilms ? – ne restera pas dans la mémoire des cinéphiles.

Je suis navré d’être aussi brutal – je suis le premier à respecter les belles histoires d’amour, mais pas sous cette forme. Madame Calfan, vous m’avez déçu. Vous avez appelé votre livre Toi l’Ours, moi la poupée, je n’ai pas peur d’écrire que vous auriez mieux fait de vous taire et plus encore de soigner votre style. Quel gâchis ! Et dire qu’il existe des éditeurs pour vous publier. Si je peux me permettre de terminer sur une note optimiste, c’est que vous dédiez cet ouvrage à votre mari qui porte le même prénom que moi. Vous le dites indulgent sur votre passé. Brave homme, si j’avais été à sa place, je vous aurais invitée à revoir votre copie afin qu’elle soit à la hauteur de Monsieur Jean Yanne, lequel ne méritait pas cette trahison.

Jean-Marc Loubier

Nicole Calfan, Toi l’ours, moi la poupée, Michel Lafon, 2004, 235 p. – 17,00 €.


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One thought on “Nicole Calfan, Toi l’ours, moi la poupée

  1. bonjour,

    je n’ai pas lu le livre mais j’ai vu et entendu Nicole Calfan et c’est assez pitoyable. Elle n’a fait que traverser la vie de Jean Yanne mais a tout fait pour se l’accaparer en s’épanchant un peu partout et en pondant un livre au titre ridicule.
    Si elle a cherché à le récupérer je ne crois pas que ce soit par amour.
    Même si Jean Yanne n’est pas sorti avec des lumières et toujours avec des femmes plus jeunes (le point faible de l’hétéro mâle) il était génial dans son genre ce qui est loin d’être le cas de cette bécasse (pardon pour les bécasses)
    Quand vous dites qu’elle ne parle que d’elle-même, cela ne m’étonne guère.

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