Nicolas Comment, Revue De L’air (n°62)

Nicolas Comment, Revue De L’air (n°62)

Le flâneur des deux rives

Influencé « génétiquement » par les écrivains de la Beat Generation (comme par Bataille et Rimbaud), Nicolas Comment reste persuadé qu’il existe une continuité entre les êtres en dépit du fonctionnement mécanique de la société. Cherchant toujours à communiquer par ses œuvres, ses photographies cultivent toujours une certaine solitude, un exil à la Burroughs ou la Paul Bowles. Comme eux l’artiste, pour un temps, s’était retiré à Tanger. Dans cette ville, l’artiste a d’ailleurs créé des photographies en résonance avec ces auteurs, photos sensuelles et dérangeantes pour des instituts officiels (elles furent présentées dans un lieu privé : la galerie 127 de Nathalie Locatelli, à Marrakech).
Voyageur de l’impossible, l’artiste mise sur une lucidité particulière, laquelle travaille au niveau des individus. Proche par l’esprit d’un Lamarche-Vadel (sur lequel il avait construit une exposition à Brest), le goût de l’œil lui permet de saisir un monde borderline entre érotisme et transgression en une poétique particulière du sujet.

Proche aussi du Jim Jarmusch, Nicolas Comment tente d’observer le secret des êtres sans tenter de le percer d’où, parfois, ses portraits de dos ou floutés de ses modèles afin que le caractère classique du nu demeure transgressif dans sa simplicité, son aspect utopique.
Le nu semble chez lui aussi romantique que porté à un état de « nature morte ». En solo ou en diptyque, un flux étrange circule soit par aimantation soit par exclusion. Ce double rapport reste un des enjeux majeurs de l’œuvre où tout ce qui se reflète crée une ivresse particulière où l’inerte fait bouger les lignes en ce qui ressemble à un songe, une sortie du temps.

jean-paul gavard-perret

Nicolas Comment,

– Revue De l’Air (n°62)

– Centre Culturel Valery-Larbaud,Vichy, du 10 juin au 4 septembre 2016.

Laisser un commentaire