La double de la Double, entretien avec l’écrivain Marie-Paule Bargès

La double de la Double, entretien avec l’écrivain Marie-Paule Bargès

Marie-Paule Bargès aime s’évader dans la danse de ses pensées et de son imagination afin d’organiser des voyages aussi fixes que flexibles.
Il suffit que son esprit et son corps soient indissociablement liés afin de créer des tensions, des courants, une électricité statique et motrice d’une énergie vitale en révélant des possibilités ignorées de et dans la langue.

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Ce qui va arriver, que je ne sais pas encore. Le plaisir de faire ce que j’aime et celui aussi de ne rien faire. Le désir, les gens qui m’entourent, le soleil, la vie…

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Certains se sont réalisés, d’autres non, qu’importe, je m’en crée de nouveaux, je rêve beaucoup, trop …

A quoi avez-vous renoncé ?
J’ai fait des choix. Je ne renonce pas facilement.

D’où venez-vous ?
Du sud ouest, de la campagne, d’un coin d’eau et de verdure. Je suis née près d’une rivière l’Isle et d’une forêt qui s’appelle La Double.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
L’amour

Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Il n’y a pas un petit plaisir, il y a des… dans le désordre : l’amour, écrire, manger, dormir, rêver… le sourire de ceux que j’aime, un livre, un film, une musique… tout ce qui me fait rire ou pleurer, me transporte, m’émeut… la douceur, un café, une cigarette, un verre de bon vin, … il faudrait faire une très longue liste, mais je n’aime pas les listes.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes et écrivains ?
Je ne pense pas en ces termes. J’écris. Les artistes, les écrivains, ceux que j’aime, m’inspirent.

Quelle est la première image qui vous interpella ?
La grotte de Fond de Gaume. Il y en a beaucoup d’autres. Quand une image m’interpelle, elle est toujours première et unique.

Et votre première lecture ?
La toute, toute, première je ne sais plus. J’ai appris à lire avec mon grand-père qui n’est pas allé à l’école. Il disait qu’il avait appris seul afin de pouvoir lire « le grand Hugo ». Il était impatient que je puisse le lire à mon tour et il fallait faire vite, alors ça n’a pas traîné. Mes premières lectures furent de grands moments, je lisais des journées entières : les contes (Perrault, les frères Grimm, Andersen), il y avait des livres-disques aussi : « Pierre et le loup » de Prokofiev, « La chèvre de Monsieur Seguin » de Daudet. Evidemment, Enid Blyton ! J’ai lu tous ses livres. Ensuite, j’ai pioché au hasard dans la bibliothèque de mon père. Il aurait pu en mettre certains hors de portée à cause de mon jeune âge, diriger mes lectures, mais il ne l’a pas fait. Je lui en suis très reconnaissante.

Quelles musiques écoutez-vous ?
J’écoute toutes sortes de musique, celles qui me font vibrer, me donnent des frissons, l’envie de danser, de chanter, j’adore la musique et elle m’apaise…

Quel est le livre que vous aimez relire ?
« La vie tranquille » de Duras, « L’île au trésor » de Stevenson, la poésie, Michaux… il y en a tant… je relis souvent les livres que j’ai aimés ou je les feuillette régulièrement, pour tel ou tel passage. Mais j’ai grand plaisir à découvrir de nouveaux auteurs.

Quel film vous fait pleurer ?
Tous les films tristes me font pleurer. « Crin Blanc » fut le premier. Je pleure et ris facilement.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Moi, enfin je crois !

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
À Duras, lorsque j’ai lu un livre d’elle, la première fois, pour la remercier et lui dire mon enchantement. Maintenant, j’ose un peu plus. Enfin, c’est très relatif parce que je suis assez timide.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
La maison de ma grand-mère, son jardin, les coteaux, la forêt. C’était mon île aux trésors.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Ceux que j’aime. Mes ami(e)s

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un baiser, une fleur, un mot gentil, un livre que vous avez aimé, ce qui vous fera plaisir.

Que défendez-vous ?
J’aimerais que le monde soit plus doux, plus tolérant, plus juste, … pour tous. Une utopie peut-être.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
L’amour ne se résume pas à une formule quelle qu’elle soit.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Qu’il fait son malin.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Je n’aime pas trop les questions, mais je suis curieuse des autres aussi je vous poserais volontiers les mêmes, si vous le voulez bien.

Entretien et présentation réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le16 juin 2016.

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