Mon premier rôle
Voici un très joli premier roman, intelligent et plein d’émotion sur la découverte de soi
Je suis Esther, celle qui compte pour du beurre, celle qui ne veut jamais faire d’activités, celle qui devrait prendre exemple sur sa grande sœur tellement sérieuse et qui réussit tout, celle qui devrait aussi se méfier de la petite dernière qui va sans doute bientôt la rattraper.
Entre deux sœurs brillantes et débordantes d’énergie, Esther, 10 ans, se sent incomprise, rejetée et s’isole de plus en plus. Rêveuse et maladroite, son attitude décalée suscite l’agacement des deux petites chéries surdouées qui la traitent de « martienne » et ne manquent pas une occasion de se moquer d’elle, voire de s’en servir comme bouc émissaire. Quant à sa mère, elle se désole de ses résultats trop moyens à l’école et de son absence d’intérêt pour le sport ou toute autre occupation. Ses seuls alliés sont sa cousine Lucile qui la comprend et lui prodigue quelques conseils et « Léon », le miroir de sa chambre qui lui renvoie l’image de la star qu’elle aimerait devenir.
Mais la chance va se présenter grâce à J.K. qui vient animer un atelier théâtre dans la classe d’Esther et préparer un spectacle avec les élèves.
Voici un très joli premier roman, intelligent et plein d’émotion, sur la découverte de soi. Sans mièvrerie ni démagogie il fait comprendre au jeune lecteur qu’en prenant confiance et au prix de quelques efforts, on peut susciter l’intérêt d’autrui. Pour exister, Esther a besoin du regard des autres et en donnant le meilleur d’elle-même elle parviendra à s’aimer et à trouver sa place.
Les illustrations souriantes et poétiques de Marie Flusin complètent idéalement le texte tout en nuance d’Yves Grevet, esquisse tendre et drôle d’une fillette toujours trop grande ou trop petite.
patricia chatel
Yves Grevet, Mon premier rôle, Nathan, coll. « Pleine Lune, c’est ma vie », 2004, 96 p. – 5,45 €, dès 9 ans.