Mark Cohen, Tall Socks
Scènes du quotidien
En juillet 1973, Cohen passa un mois dans un dortoir à NYU tout en participant à un atelier de production cinématographique. Il profita de son temps libre pour photographier New York qui était connu pour son taux de criminalité, ses troubles sociaux, son métro peu sûr et la qualité de vie en déclin.
Cela se voit souvent dans les photographies de Cohen à travers les graffitis, les détritus dans les rues, mais ses images dépeignent également un New York plein de vie et en mouvement. Sans récit formel, le rythme des images se distingue de bloc en bloc, d’étape en étape, et les détails et les impressions sont observés avec un courant de menace sous-jacent dans certaines images mais aussi avec de l’humour et de la joie que l’on retrouve dans les chaussettes hautes d’un enfant, une dame aux plumes de paon, un éléphant incongru ou une fille portant une planche de bois dans une rue pavée.
Face à une infinité de possibilités et de variations dans les rues chaque jour, avec cette méthode, Cohen crée un style singulier, tenant souvent son appareil photo au niveau des hanches pour photographier intuitivement, au plus près de ses sujets. D’où cette perspective inhabituelle : elle montre le monde vu du point de vue d’un enfant, en se concentrant sur des objets ou des angles souvent négligés et en scrutant curieusement les portes et les rues. Et le familier y devient étrange.
jean-paul gavard-perret
Mark Cohen, Tall Socks, GOST Books, 2025, 128 p. – 23,00 €.