Marion Richez, L’Odeur du Minotaure

Marion Richez, L’Odeur du Minotaure

 Sélection prix du livre Fondation Prince Pierre

Lors de la Iere rotation des titres retenus dans le cadre du Coup de coeur des lycéens de  la Fondation Prince Pierre de MonacoL’odeur du Minotaure, présenté ci-dessous par les éléves,  a été sélectionné  parmi les  5  titres qui leur étaient soumis en vue de la 2e rotation prévue en avril 2015.

La présentation de l’éditeur

De la blessure que lui firent les fils de fer barbelés, alors qu’elle s’élançait, confiante, dans un champ où broutaient des vaches, la petite fille n’a gardé qu’une trace sur le bras. Elle qui ne voulait pas grandir a réussi un parcours sans faute. Son enfance terne, sa première histoire d’amour avec un jeune homme aussi rangé qu’elle, elle les a remisées bien loin. Marjorie, après de brillantes études, est devenue la « plume » d’un ministre. Caparaçonnée dans ses certitudes, belle et conquérante, elle se joue des hommes et de son passé.
Mais le numéro qui s’affiche sur l’écran de son téléphone portable tandis qu’elle s’apprête à rejoindre son ministère, elle le reconnaîtrait entre mille, bien qu’elle ne l’ait plus composé depuis longtemps : sa mère l’appelle au chevet de son père mourant. Quand, au volant de sa puissante voiture, elle quitte l’autoroute qui la conduisait chez ses parents, pensant prendre un raccourci, un choc violent la fait s’arrêter net. Elle vient de heurter un animal. Bouleversée, tremblante dans la nuit de la forêt, elle recueille le dernier souffle du grand cerf qu’elle a tué. Et c’est à ce moment que sa vie bascule.
L’Odeur du Minotaure, comme les contes initiatiques auxquels il s’apparente par l’extrême concision de sa langue et la simplicité de sa structure, est un beau roman de la métamorphose.

Marion Richez, L’Odeur du Minotaure, Sabine Wespieser éditeur, 128 p.  – 14,00 €

Montée au créneau pour le souffle du Minotaure ou une histoire représentative de la société actuelle

Pourquoi celui et pas un autre ? Tout simplement parce qu’il nous a tous touchés. Ce roman a dégagé une part odieuse en nous-mêmes :  au fond de nous, nous avons peur, nous avons peur de la vie en général ; la société nous demande d’être des dur à cuire  et d’écraser nos adversaires quels qu’ils soient, elle prône un escalade aux diplômes et à la reconnaissance, de sorte que nous sommes jugés comme des objets, des objets qui doivent avoir le plus de gadgets possible pour qu’on finisse par les embaucher.
C’est exactement sur ce point-là que ce livre adresse une critique : sur cette disparition progressive de notre humanité, sur cette perversion qui nous amènent a être toujours plus cruels les uns envers les autres. On s’enferme dans des boîtes métalliques car on a peur de ce qui nous entoure. Nous ne sommes plus un peuple, une espèce, mais des êtres égoïstes qui rigolent les uns des autres avec des sourires haineux. Nous rions de la violence mais quand elle vient frapper a notre porte nous somme désarçonnés ! Nous avons peur !

Dans ce livre, la protagoniste heurte un cerf, le tue. L’ innocence tuée par la barbarie, cela ne vous rappelle rien ? Un sujet d’actualité ? Charlie hebdo évidemment ! Tout fiers de nous-mêmes, enfermés dans notre narcissisme, nous avons négligé notre humanité et nous avons été choqués, stupéfiés par cet événement : on m’attaque, moi ? Mais comment le peut-on alors que je suis chez moi ? Eh bien, dans le livre, Majorie en devient folle, elle finit dans un hôpital psychiatrique car elle ne peut plus supporter la réalité de ses erreurs passées. De la même façon mais collectivement, aujourd’hui, le peuple français s’est levé,  a protesté et a formé une jolie image d’union sacrée : un peuple , une espèce, des individus, debouts contre la réalité.
Ce livre na pas pour but de nous faire sombrer dans la folie, au contraire : ce livre est là pour nous rappeller l’importance de l’empathie dans notre civilisation car nous somme forts quand nous sommes unis. Marjorie a sombré car elle été seule,  ne faisons pas la même erreur : il faut nous lever et changer les règles pour un avenir meilleur. JE SUIS CHARLIE.

stephane legrand, Lycée Albert Ier de Monaco, classe de seconde

 

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