Marie-Philippe Deloche (Voix publique / Voix privée & Les petits sujets de l’exil) dans les strates et les équilibres instables des jours – entretien

Marie-Philippe Deloche (Voix publique / Voix privée & Les petits sujets de l’exil) dans les strates et les équilibres instables des jours – entretien

Les éditions et l’association Fol Asile sont nées en décembre 2017 à Grenoble. Marie-Philippe Deloche les a créées pour offrir ce qu’elle nomme un lieu « transitionnel » aux poètes et artistes. L’objectif est de réfléchir avec eux au rôle de la poésie dans la cité. Vont être publiés deux recueils qui illustrent cet objectif : Voix publique / Voix privée  et  Les petits sujets de l’exil où se croiseront diverses approches « dans le capital des mots qui savent plus de nous que nous ne savons d’eux ».

Fol Asile : 7 rue de la Poste, 38000 Grenoble. folasile@gmail.com

Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
C’est le soleil, bien sûr, sa lumière qui change chaque matin et m’émerveille encore. Quand il n’est pas au rendez-vous, je boude.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Comme la ville de Rome je suis construite sur des strates. Les plus archaïques, enfouies, sont les plus promptes à se manifester quand l’émotion me déborde, déborde ses murs…

A quoi avez-vous renoncé ?
Aux équilibres instables prescrits par les dominants de nos jours…

D’où venez vous ?
Je suis née dans un fol asile, du fait du métier de mes parents, j’y ai grandi en liberté

Qu’avez-vous reçu en dot ?
La liberté en point de mire, et la rage qui se déchaîne dès que celle-là est attaquée.

Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Alors là ça devient intime…. Du chocolat ! Vous le saurez….

Qu’est-ce qui vous distingue des autres animateurs de la culture ?
Je n’ai pas l’idée « d’ animer la culture »… Je cherche juste à préserver ce à quoi je tiens, et me tiens, ce qui me tient …et j’espère offrir cette équation difficile à résoudre à d’autres. Comme le feu, c’est contagieux et se donne sans trop se perdre.

Comment définiriez-vous « Folasile » ?
Le Fol Asile est un lieu. Où circule un discours ouvert…Un des derniers lieux où la folie n’est pas à combattre ni résoudre, mais où sa fantaisie peut vivre.
C’est aussi un lieu où s’exerce la solidarité active entre ses membres, la bienveillance et l’écoute.

Quelle est la première image qui vous interpella ?
Oh , comme saint Augustin bien sûr, et comme c’est triste…Mon frère au sein de ma mère… Je le revois encore souvent.

Et votre première lecture ?
Consciente ? Active ? Ce serait peut-être « Les malheurs de Sophie »…Ah, cette Fichini ! …mais peut-être avais-je lu avant, sans le savoir, les mots sur la bouche des autres, les mots gourmands.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Celle de la pluie et des rivières, bien souvent traduite par Bach, les Pink Floyd, Anne Sylvestre…..

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Je relis peu les romans, mais souvent la poésie, Juarroz surtout…dans les deux langues, celle où il s’adresse à nous, l’espagnol, et celle où ses traductions me surprennent, inspirent ma lyre….

Quel film vous fait pleurer ?
Sans aucune hésitation « Amadeus » de Milos Forman…. A chaque fois, chaque fois !

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Oh cela, ce n’est pas prudent de le demander à une femme. Une « forme » que les apparences déclinent et blessent…

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Je ne sais vraiment pas répondre. J’ai toujours osé écrire à qui je le désirais, sans pour cela toujours obtenir de réponse …Mais c’est comme ça ! Je continue !

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Le lac d’Ambléon, dans le Haut Bugey….Il m’accompagne dans les épreuves, me donne toujours son soutien, et me fait rêver sans limite…

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Ces temps-ci, ce serait Francesca Melandri comme auteur, Alexandre Hollan comme peintre, mais il ne s’agit que la réponse de « ces temps-ci… » et tant d’autres m’accompagnent si souvent.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Des propositions d’un(e) artiste pour écrire un livre à deux voix.

Que défendez-vous ?
Ma subjectivité, bec et ongles !

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
Beaucoup d’admiration pour cet analyste qui a su marier la poésie à sa pratique hospitalière, et donner l’hospitalité à ses écrits .

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Je pense à La rose pourpre du Caire, à cette sortie de l’écran qui me donne envie de faire le chemin à l’envers, pour le rejoindre….

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Che sei tu !

Entretien et présentation  réalisé par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 2 juin 2018.

One thought on “Marie-Philippe Deloche (Voix publique / Voix privée & Les petits sujets de l’exil) dans les strates et les équilibres instables des jours – entretien

Laisser un commentaire