Marcia Resnick, Re-visions

Marcia Resnick, Re-visions

Education sentimentale

En 1975, Marcia Resnick est victime d’un accident de voiture. Sa vie est passée devant elle. Dès son séjour à l’hôpital, elle s’est remémorée tout ce qui l’a malmenée en ce lieu. Elle a d’abord écrit et dessiné des images en vue d’un livre. Poignant et ironique, cette autobiographie se métamorphose par les photographies que l’artiste compose.

Elle y met en scène l’adolescence féminine par une revisualisation de mémoire de sa condition d’alors et de ses fantasmes là. Textes et images se répondent dans une narration dont la première édition avait séduit Andy Warhol et Allen Ginsbrg. Plus de 40 ans après, son amie « Bad » Lydia Lunch, salue cette deuxième édition où la perversion pointe toujours de manière délicieuse dans les affres naissantes de la jeunesse.

Le corps lancé, au lieu de s’imbriquer dans un autre, vaque au fil des jours sans forcément discerner et comprendre ce qui aurait pu le faire agir. Le tout dans un état érotique déplacé. Tout semble procéder d’un éros impersonnel, harmonieusement inclus dans le faisceau des forces qui fusent de gré ou de force.
L’artiste rejoint suffisamment le régime phénoménal qui dépassait ses propres conditionnements et en tenant compte de ses partitions visuelles.  Elles régissent notre espèce pour avancer une fois de plus.

jean-paul gavard-perret

Marcia Resnick, Re-visions, Edition Patrick Frey, Zurich, 2023, 104 p. – 52,00 €.

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