Marcel Miracle, Dessins, collages (exposition)
Les féras du lac Léman rêvent que Marcel Miracle les promène en laisse sur les quais de Saint Gingolf, ville lacustre et frontière. Mais l’artiste demeure circonspect, ne sachant si elles veulent être baladées côté France ou côté Suisse. Pour les éviter et les empêcher de léviter, il navigue dans les miroirs de ses images jusqu’à ce que la main de l’eau caresse la terre. Néanmoins, à l’humus l’artiste préfère le sable du Sahara où la route reste infinie devant et à l’arrière de sa marche.
Face à l’universel barreau des cristaux des monolithes ou à la placidité de la dalle horizontale du tombeau du lac, il reste l’éternel poète. Il donne des leçons d’inconduite aux moutons de Panurge qu’il a ressuscités pour l’occase. Dans ses œuvres, Hercule poireaute et les dents des créneaux de châteaux en Espagne subissent des caries. Mais le créateur les couronne d’épines ou les chausse de binocles.
Chaque image s’hallucine. Des êtres y sautillent, les objets frappés par des cynocéphales errent comme des dentiers dont la colle ne tient pas. Tout palpite d’ironie en de telles images. Leurs algèbres fourmillent d’équations improbables. Elles sont autant de pantoufles de vair qui ne se souviennent plus de la viande qu’elles contenaient.
jean-paul gavard-perret
Marcel Miracle, Dessins, collages, Garerie J-J Hofstetter, Fribourg, 20 janvier au 25 février 2017.
