Marc Cholodenko, De très brefs rêves

Marc Cholodenko, De très brefs rêves

Marc Cholodenko, nous rassure : c’est l’anti Butor et ses « inter-minables » « Matière de rêves ». Car il a mieux à faire. Même si en narrateur de sa psyché endormie, il joue (au second degré) avec ses mots en tant que spectateur de l’endormi qui redevient ici façon réveil.

Ces récits trahissent des clones plus ou moins (mais plus que moins ). Ses histoires à dormir couché puis debout incarnent des spectres à leur recherche, avec humour et dérision lorsqu’il constate par exemple que, de son quidam, un doigt a disparu et cherche sa bague avec un bandeau sur la tête (« Autoportrait au pansement ») là où les mots ironisent la propre situation du dormeur. L’humour repose aussi sur des vocables en divers étages et escaliers plus ou moins suspendus.

Personne ici pour expliquer le sens des situations et du langage. Le tout claudique pour marcher autant à reculons que droit dans ce qui devient les plus belles sessions oniriques de cent rêves courts, accompagnés d’un second ensemble de textes plus longs. Mais qu’importe : tout va à vau-l’eau du nocturne. Cette fantaisie permet à chacun de trouver la clé qu’il pense trouver. Mais à ses dépens. Les lire en dérivant reste des plus reposants.

jean-paul gavard-perret

Marc Cholodenko, De très brefs rêves, P.O.L éditions, Paris, 2025, 96 p. – 17,00 €.

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