Lucio Fontana, Un futuro c’è stato – Il y a bien eu un futur

Lucio Fontana, Un futuro c’è stato – Il y a bien eu un futur

Mettre du poivre dans les images

A sa manière, Lucio Fontana, artiste aux multiples facettes,  cultivé, connaisseur de l’histoire de l’art, est un anti-futuriste en remplaçant les principes de Marinetti par les siens. Certes, d’aucuns le revendiquent encore futuriste classique voire passif. Il ne faut pas s’y fier ni le pacifier tant il a mis du poivre dans ses images à coup de peintures, papiers, sculptures, céramiques et installations d’ambiance, lumineuses et spatiales qui vont au-delà de ses propres Concetti spaziali (« concepts spatiaux »), Attese (« attentes ») et Buchi («trous »). Si bien qu’il appartient à un art aussi figuratif qu’abstrait et informel.

Il reste comme le premier et le plus important des artistes spatialistes, à la fois lucide, direct et polémiste. Il fut victime de ceux qui lui réservent encore des moqueries. “Les critiques m’ont toujours calomnié”, déclarait-il mais ne s’en soucia guère : ses trous et coupes ont créé un goût, une beauté. Beaucoup, comme ce livre collectif le prouve, ont créé de nouvelles formes.

Ses premières recherches sur la céramique – comparée à la sculpture baroque – ont ouvert son audace et son dynamisme plastique. Quant à ses sculptures, les plans reflètent la lumière de différentes manières, ce qui donne des résultats toujours surprenants qui l’ont conduit plus tard au moyen des coupes mais aussi leurs environnements. Ce fut aussi de revoir puis continuer la peinture mais plus esthétique en Italie que Support-Surface en France.

jean-paul gavard-perret

Collectif, Lucio Fontana, Un futuro c’è stato – Il y a bien eu un futur, Gallimard/Musée Soulages, édition publiée sous la direction de Paolo Campiglio & Benoît Decron, Livres d’Art, Gallimard, juin 2024, 240 p. – 30,00 €.

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