Luciano Berio, Écrits sur la musique

Luciano Berio, Écrits sur la musique

Luciano Berio (1925-2003) est un compositeur proche du minimalisme « après avoir fait passer son impression que derrière l’absurdité musicale, rien moins que désespérée d’ailleurs, d’un Morton Feldman », écrivait-il.
La musique de Berio « s’ouvre tout grand, avec volcans, ses mers et ses collines « , dit Rossana Dalmonte. Et ses Écrits sur la musique effectuent une vision poétique, mais aussi des commentaires sur la réalité concrète. Pour lui, un musicien ne peut pas mentir : il est pur quoique hanté et conditionné par les fantômes de l’histoire, des techniques et des écoutes possibles, même si le sens de ce qu’il fait est toujours un peu ailleurs et ne coïncide jamais totalement avec son objectif.

Cette édition est une véritable somme. Berio évoque son admiration pour John Cage : « je le pensais intouchable, comme le bruit du vent, des avions, de la mer, de la circulation et des oiseaux. Avec lui disparut un saint, un jongleur, un héros, un inventeur, un humoriste, c’est-à-dire un des grands hommes de ce siècle, qui a pu combiner et sublimer avec rigueur et pureté les signaux et les empreintes de parcours si différents».
Mais ce livre révèle aussi un artiste savant épris de musiques populaires qui ont nourri son travail de composition. Comme d’ailleurs des écrivains dont Italo Calvino, Edoardo Sanguinetti, capable de vivre profondément dans sa totalité, l’expérience musicale, et Umberto Eco. Reste aussi son appétence pour Webern qui a structuré la concentration expressive des cellules sonores en organismes. Reviennent également Bach, Beethoven, Boulez, Brecht, Debussy, Joyce, Maderna, Mahler, Mozart, Pousseur, Schoenberg, Stravinsky.

Berio reste un des compositeurs les plus doués de sa génération. Il s’adresse aux amateurs de la musique de notre temps (non détachée de celles du passé ou des lointains) sans jamais leur imposer de prendre des leçons de solfège, de théorie et de composition.

Luciano Berio, Écrits sur la musique, traduits par Marylène Raiola – édition établie par Angela Ida de Benedictis, Éditions de la Philharmonie de Paris, novembre 2025, 688 p. – 30,00 €.

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