Liz Rigbey, L’été assassin
Une femme enquête sur la mort de son père et renoue avec un passé douloureux.
Lucy vit à New York depuis trois ans ; elle s’y est réfugiée dans le travail après la tragédie qui a brisé son mariage : la mort de son bébé, Stevie. Toute sa famille, d’origine russe, vit encore en Californie, y compris son ex-mari. Elle n’a aucune envie d’y retourner, et pourtant, lorsqu’elle apprend que son père vient de mourir, noyé, dans la même crique que son petit frère quelques années auparavant, Lucy n’a d’autre choix que de prendre l’avion.
La police lui apprend rapidement que la mort de son père n’est pas accidentelle, il s’agit d’un meurtre. Mais qui pouvait donc en vouloir à ce respectable professeur de géologie ? Et pourquoi, la veille de sa mort, avait-il ordonné à Lucy de ne jamais revenir auprès des siens ?
Entourée de sa sœur Jane, de son beau-frère Larry, de son cousin Sasha, et de son ex-mari, elle prépare les obsèques tout en enquêtant sur la mort de son père. Lucy est bien décidée à découvrir la vérité sur la malédiction qui pèse sur sa famille, quitte à devoir explorer les recoins les plus douloureux de son passé…
Dés le début de ce roman, à la fois saga familiale tragique et drame psychologique au suspense implacable, le lecteur est impressionné par le talent de Liz Rigbey. L’Été assassin s’ouvre en effet sur une histoire qui hante la famille de l’héroïne, touchant elle aussi à la mort d’un enfant. On est alors entraîné dans une succession de va-et-vient chronologiques, d’abord voyageant dans un train russe qui, longtemps auparavant, emportait ses passagers vers un destin américain sanglant puis,trés vite, on revient au présent. En véritable virtuose de l’angoisse l’auteur nous balance ainsi entre aujourd’hui et hier, insérant sans cesse dans son récit des flashes back riches en surprises.
L’ancienne journaliste de la BBC – qui apporta aussi son soutien à des organisations humanitaires – manipule avec délicatesse les émotions de ses personnages et dresse des portraits profondément humains. La perte de jeunes enfants et la folie sont au centre de la malédiction familiale, et nombre de secrets seront mis à jour par Lucy, femme au cœur meurtri mais dont la force impose le respect.
Après Total Eclipse, Liz Rigbey compte avec ce deuxième roman parmi les meilleurs auteurs de thrillers psychologiques. Pas de doute, vous passerez un « été assassin » en sa compagnie.
franck boussard
![]() |
||
|
Liz Rigbey, L’été assassin (traduit par Dorothée Zumstein), Belfond, 2004, 480 p. – 19,70 €. |
