Lis là
Cueille du lilas dans une rumeur de branches. L’aube y vient même quand les saisons reculent tant elles ont peur. Sitôt nées, elles pourrissent dès le début d’un mot sans suite comme le souvenir toujours impossible de l’espoir du possible.
Cela paraît être un moyen insuffisant pour épuiser à elle seule la somme des possibilités avant de disparaître après une expérience continue du plagiat de la vie. Son situationnisme reste son principe de postproduction. Mais quand le lilas persiste de manière anachronique, ses lèvres sont nues où s’enchevêtrent des superstitions.
Lorsqu’elles sont violettes, elles méprisent les laiteuses mystiques à la Dédé Breton et ses limites considérées comme extase divise. Le fruste des saisons laisse peu de place au délire et à peine à l’étreinte qu’échangent deux êtres fugacement réunis.
jean-paul gavard-perret
Photo : Sarah Moon