Lin Yutang, Un moment à Pékin : enfance chinoise

Lin Yutang, Un moment à Pékin : enfance chinoise

Calme et beauté : c’est ce qui reste au coeur une fois achevé ce long voyage dans la Chine d’alors et dans les mots. Une réussite

Ce livre de 1939 est la première partie d’Enfances chinoises, dont le second versant paraîtra en 2005 dans la même collection, chez un éditeur qui consacre sa force à faire connaître le monde chinois et la littérature qui le traduit. Imposante par son ampleur et par son style, cette fresque croise le destin de diverses familles sur fond d’une histoire brutale, où la Chine, joyau secret du monde, s’ouvre à l’étranger et aux bouleversements. L’histoire tend donc vers les contours du monde moderne, mais l’auteur dit aussi la spiritualité (taöisme, confucianisme). Histoire, culture et religion agissent comme révélateurs de la conscience des hommes.

Mr Yao, chassé par les troubles de la révolte des Boxers (cf. Les 55 jours à Pékin), s’en va. Mais sa fille Moulane disparaît, avant d’être retrouvée (Le père de Moulane l’avait toujours adorée ; et maintenant qu’elle avait échappé a la mort, elle lui était devenue doublement chère), suite à une promesse de récompense faite avec le ciel bleu pour témoin. Ainsi débute ce livre des croisements, où les personnages, notamment féminins, disent la joie de vivre, l’optimisme et le bonheur, vu comme l’accord des hommes avec la vie qu’ils mènent.
C’est d’un regard optimiste qu’il s’agit puisque ce mitan de l’œuvre s’achève sur le mariage de la fille perdue.

L’œuvre vaut en outre par la vie de ses nombreux dialogues, par la joliesse des noms (Écran d’argent, Corail la pacificatrice, Fleur de neige), ou des métaphores (L’adolescence de Mannia était pareille a la floraison du prunier durant les froides journées de janvier).
Un bateau amarré a la rive laissait une singulière impression de calme et de beauté, écrit Lin Yutang au détour d’une phrase. Calme et beauté, c’est bien ce qui reste à la fin de ce double voyage dans la Chine d’alors et dans les mots. Une réussite.

 pierre grouix

   
 

Lin Yutang, Un moment à Pékin : enfance chinoise (traduit de l’anglais par François Fosca), éditions Philippe Picquier, 538 p. – 19,50 €.

 
     
 

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