Lilja Sigurdardottir, Noir comme la neige

Lilja Sigurdardottir, Noir comme la neige

Ce roman relate la troisième aventure d’Helena en Islande après Froid comme l’enfer et Rouge comme la mer (Métailié 2022 et 2024). Celle-ci est une détective privée, spécialisée dans la finance, dans la recherche d’argent perdu. Parallèlement, elle parcourt le pays à la recherche d’Ísafold, sa sœur disparue.

Elín, à presque cinquante ans, est fortement éprise de Sergei qui a vingt ans de moins. Mais ce matin, elle est frappée par le ton employé pendant sa conversation téléphonique qu’il tient toujours en russe. Il dit appeler sa mère.
Un coureur a découvert un container au cœur d’une zone naturelle protégée. Les premiers policiers trouvent, à l’intérieur, des cadavres de jeunes femmes. Daníel Hansson, de la brigade criminelle, se rend sur les lieux. Des cinq femmes, une est toujours vivante mais souffre d’une grave hypothermie.
Elín, que Sergei veut épouser rapidement, fait part de ses doutes à Daníel, son ex-mari. Ce dernier lui conseille de contacter Helena. Bien que ce ne soit pas son domaine de prédilection, elle accepte car elle pense pouvoir, ainsi, se rapprocher du policier. Ce que trouve Helena sur le passé de Sergei en France est bien troublant.
La survivante, qui s’appelle Bisi, d’origine nigérienne, accepte, quand elle se sait en sécurité, d’aider les policiers et de témoigner. Mais lorsqu’Helena, chez Elín, voit Sergei…

Le récit s’articule autour de trois parcours principaux dont l’avancement va les amener à se croiser, voire interagir.
Ce sont les affres sentimentales d’une femme amoureuse, déchirée entre ses sentiments pour un homme et les doutes générés par la large part de mystère qu’il entretient et son insistance au mariage. C’est celui d’une femme qui se retrouve la proie d’un réseau de traite d’êtres humains destinés à la prostitution et les différentes phases qui pourront l’amener à une certaine délivrance. Les parcours de l’enquêteur principal et de sa collègue qui traquent des preuves suffisantes pour démanteler un groupe criminel.


Tous, à un moment ou à un autre, participent à des titres divers à cette enquête, que ce soit pour aboutir à anéantir un réseau mafieux ou pour tenter d’échapper à la justice. Le choix de la nationalité russe pour quelques criminels est-il volontaire ou le fruit du hasard ?
S’entremêlent dans le cours du récit des histoires de famille, de garde d’enfants, des troubles sentimentaux, des rapprochements.

Avec ce nouveau roman, sur les pas de cette héroïne particulièrement attachante, Lilja Sigurdardottir aborde nombre de problèmes sociétaux, de faits délictueux car elle met en scène des meurtres, des séquestrations, la traite d’êtres humains, le proxénétisme, la fraude fiscale, le blanchiment d’argent et les soucis bien terre à terre des protagonistes. Elle place, dès les premières pages, une certaine tension qui va crescendo.
Noir comme la neige se lit avec un grand intérêt pour la qualité de l’’intrigue, la variété des situations, la galerie des protagonistes, le tout servi par un sens talentueux du récit.

Lilja Sigurdardottir, Noir comme la neige (Náhvít jörꝺ), traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün, Éditions Métailié, coll. Bibliothèque nordique – Noir, mars 2025, 304 p. – 22,00 €.

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