Lewis Trondheim & Fabrice Tarrin, Spirou et Fantasio : « Le Trésor de San Inferno »

Lewis Trondheim & Fabrice Tarrin, Spirou et Fantasio : « Le Trésor de San Inferno »

Autour de Spirou et Fantasio, crée en 1938 par Rob-Vel, l’éditeur a développé nombre d’univers en lien avec ses deux mascottes. Si la série originelle a évolué, enrichie par les différents créateurs qui se sont succédé, elle ne cesse de grandir, alimentée de spins-offs qui enrichissent l’univers original. C’est ainsi que des séries courtes mettent en avant des personnages secondaires emblématiques comme Zorglub, Champignac, Seccotine, soit des variations autour des héros.
Cependant, l’éditeur conserve une collection dite Classique qui permet aux personnages de vivre de nouvelles aventures en étant fidèles au style et à l’esprit des grands auteurs d’après-guerre comme André Franquin, en respectant l’esthétique et le charme intemporel des origines. Et le présent album s’inscrit dans cette suite.

Les deux héros, accompagnés du Marsupilami, font route dans un véhicule tout-terrain vers ce que Fantasio appelle le scoop du millénaire. Il faut se presser pour être les premiers sur les lieux. Parce qu’ils sont en plein désert, que personne ne risque d’entendre, Spirou insiste pour connaître cette exclusivité. Alors qu’il va révéler son secret, devant eux, ils découvrent Seccotine au bord de la piste. Son véhicule est en panne. Elle demande de l’aide. Alors que Fantasio veut la laisser, Spirou obtient qu’elle aille avec eux jusqu’à San Inferno, une bourgade très isolée dans une zone aride. C’est Sofia, l’épouse du défunt maire du village, qui les accueille et leur promet de les amener voir le mystérieux squelette extra-terrestre que les habitants ont découvert. Mais…

Lewis Trondheim emmène les héros dans un pays d’Amérique du Sud, à la recherche du scoop qui fera de Fantasio le prochain journaliste à décrocher le prix Pulitzer. Avec ce scénario aux tournures facétieuses, c’est la course à l’information qui est montrée du doigt, moquée, tournée en dérision. Fantasio revient régulièrement sur ce scoop qu’il veut décrocher à tout prix, qui tourne à l’obsession. Il fait penser à Trump et au Prix Nobel de la Paix.
De jolies trouvailles scénaristiques agrémentent le récit, une histoire qui fait une belle place aux femmes, que ce soit Seccotine ou Sofia. Elles font preuve d’une capacité à réagir, à s’adapter et à prendre le pas quand il le faut.

Fabrice Tarrin assure la mise en images complète. Il a déjà réalisé le dessin de deux albums de l’univers de Spirou. Ce tome lui a donné du fil à retordre car il avoue ne pas aimer dessiner des rochers. Or le village se compose de grottes, de cavernes. Mais il faut saluer sa performance, ayant su appréhender le style d’André Franquin. Il donne un graphisme tout à fait dans l’idée de la collection.

Un tome agréable à découvrir tant pour le scénario et ses trouvailles que pour un graphisme empreint du classicisme des aventures de Spirou et Fantasio.

Lewis Trondheim & Fabrice Tarrin, Spirou et Fantasio : Le Trésor de San Inferno, Dupuis, coll. Tous Publics, septembre 2025, 48 p. – 13,50 €.

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