Leslie Kaplan, Les Armes de la fiction

Leslie Kaplan, Les Armes de la fiction

Ce volume fait suite aux Outils (P.O.L 2003). Il recèle textes « théoriques », interventions, entretiens pour ébaucher l’action de la littérature sur le monde et évaluer les armes de la fiction dans le contexte mortifère de la France dont les maîtres sont parfois grotesques ou protagonistes du chaos.
« Contre le catastrophisme, le possible va avec la fiction. », écrit Leslie Kaplan. Elle accompagne ou élabore d’autres façons de voir et de nouveaux soulèvements au niveau des constructions. Elle analyse aussi les rapports hommes – femmes, « à la folie, à l’inconscient », manière d’opposer au désordre du monde et à son chaos l’effet que l’art, la littérature, peuvent produire.

De la sorte, pour Leslie Kaplan, la fiction « tient » quand elle nous concerne et nous implique . Elle serait donc décisive dans le moment où nous traversons à l’échelle mondiale le capitalisme caractérisé par un vide autoritaire et des arbitraires absurdes ou brutaux.
Elle revient sur des évènements de la scène politique actuelle à travers les propos de Marine Le Pen, d’Emmanuel Macron, de Nicolas Sarkozy, d’Agnès Pannier-Runacher. Face à des tels histrions politiques, l’auteur oppose des écrivains et des cinéastes qui, selon elle, éclaire le monde. Mais voire… Car ici Leslie Kaplan caresse de vieilles lunes, imagine le futur par le passé (Büchner, Kafka, Rossellini, Jean-Luc Godard, Fritz Lang, Alain Resnais).

Certes, ils ont déchiré ça et là l’écran de nos visions et démontré les limites des démocraties. Mais il y a là de vieilles pétitions de principe. L’auteure les revendique mais elle estime que par elles la fiction devient une arme. Mais un grand doute est émis. D’autant que, quitte a parier sur la fiction, Leslie Kaplan fait entre autres l’impasse sur l’I.A.. Celle-ci peut creuser des espaces d’espérance ou de gouffre là où beaucoup se contentent d’hurler au pathétique avec les loups face à ce qu’elle peut engendrer ou détruire.
A ce titre, beaucoup des idées de la créatrice laissent sur notre faim pour comprendre qui nous sommes et où l’on va. Quant à la fiction, certes nous croyons en elle mais son doute demeure. Même si, avant, elle a fait souvent mieux que pousser notre poussière sous le tapis.

Leslie Kaplan, Les Armes de la fiction, P.O.L éditions, 2025, 384 p. – 24,00 €.

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