Les Cahiers de Tinbad, n° 18

Les Cahiers de Tinbad, n° 18

Alors re-balayons tout sur notre passage
Revue Tinbad

Il n’est pas toujours facile de restituer une impression générale de la lecture d’une revue, ici semestrielle. D’une part parce que l’actualité des auteurs se trouve déformée par le format de la parution en revue, et ensuite par les focales qu’exerce chacun des auteurs sur le sujet qui est le sien. Comme je suis revuiste, je trouve que Guillaume Basquin maîtrise son outil, lequel suis un chemin qui autorise le passage d’un article à l’autre avec une certaine logique, un certain à-propos. C’est ainsi que je me suis senti orpailleur, cherchant les pépites dans cette terre riche.

La revue glisse de Santacreu à Céline, puis vers Orwell, Flaubert ou encore Artaud. Cela veut dire que l’on passe d’un varia à un florilège de textes allant de la poésie à la psychanalyse – du reste là avec un article détaillé sur un point de l’œuvre de Freud en débat – ou encore ouvert à Genet ou Casanova. C’est ainsi que nous sommes en présence d’un champ d’électrons se rencontrant ou se repoussant, une forme de champ magnétique purement littéraire. Et comme je parlais de psychanalyse, je crois que cette contribution correspond au projet général du périodique : une méta-pensée universelle. Une capacité à disserter tout autant des films de Visconti que de la position de Charles de Gaulle au sujet de l’Etat d’Israël.

Oui, Tinbad est une revue qui cherche, qui ne reste pas statique, qui entreprend des choix poétiques, politiques, qui visite des champs de pensée, qui s’aventure et prend position. Derrière la préoccupation de l’écriture se place l’éthique, n’hésitant pas à en venir à des ordres méta-linguistiques, méta-langagiers (pour preuve les 19 pages qui discutent d’un mot allemand désignant la sexualité infantile, et ses retombées intellectuelles). On voit donc un balayage de grande envergure qui n’a pas peur de s’attacher à des détails précis (sur les textes de Céline par exemple). C’est ainsi que chaque lecteur devrait aborder le travail de l’éditeur, en une quête d’orpaillage, passant au semis les articles successifs pour y trouver l’or de la littérature et de la pensée.

Les Cahiers de Tinbad, n° 18, Revue dirigée par Guillaume Basquin, printemps 2025, 127 p. – 17,00 €.

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