Les Amants de la nuit

Les Amants de la nuit

Ce film à petit budget, loin du grand spectacle hollywoodien, est un chef-d’oeuvre. Une perle noire brille dans la nuit…

La réédition par les éditions Montparnasse d’une série de films produits par la RKO nous permet de revoir pour un prix modeste (10 euros) quelques chefs-d’œuvres connus ou moins connus. Parmi ces films, une perle noire : They Live by Night de Nicholas Ray.

Les Amants de la nuit – traduction française un peu plate, non ? – est un pur film de genre produit avec l’économie de moyens si caractéristique des films de série B. Il fallait remplir les salles avec des films à petits budgets. Edgar G. Ulmer, un grand maître du cinéma noir disait :
Quand vous allez dans un grand studio, vous devez vous incliner devant le producteur et il y a peu de place pour la création personnelle.
Oui, on est loin du grand spectacle de cinéma hollywoodien. Mais quel chef-d’œuvre ! Très vite, les critiques et futurs réalisateurs de la nouvelle vague en France, ont admiré le talent de Nicholas Ray. 

Jeune criminel, Bowie s’évade avec deux de ses comparses, deux gangsters indécrottables : Chickamaw le borgne et le vieux T-Dub. En fuite, Bowie rencontre la triste et jeune Keechie. Ils tombent amoureux et rêvent de reconstruire ensemble une vie normale. Ces deux êtres que tout rattrape sont à la recherche du bonheur. Cette pursuit of happiness, rêve fondamental américain, s’achèvera pour eux comme une tragédie.
 
Dans Les amants de la nuit, les voitures filent, filmées en vues plongeantes comme si, déjà, les hélicoptères de la police les traquaient, caméras embarquées. Les visages sont cadrés de près, entre ombres et lumière. Et la tension, permanente, fait bouger les corps, maladroits et fragiles. À la fois film d’amour, road-movie et film de gangster, il met en scène les belles Américaines, ces énormes voitures, vecteurs bien pratiques pour fuir et chercher l’amour après un braquage.

On suit pas à pas ce couple magnifique, emporté dans un tourbillon, comme dans une spirale amoureuse infernale. Aucun manichéisme, les êtres sont complexes et terriblement ambivalents. Bowie est dangereux, « Peut-être est-ce notre faute. C’est même probable. Mais il est trop tard. Il n’a plus aucune chance » dit le chef de la police, scellant ainsi le destin d’un homme et d’un film.
Film de genre, film culte, une perle brille dans la nuit.


Les Amants de la nuit
Réalisateur :
Nicholas Ray
Avec :
Cathy O’Donnell, Farley Granger, Howard Da Silva, Jay Flippen, Helen Craig

camille aranyossi

Nicholas Ray, Les Amants de la nuit (They live by night, 1948), Editions Montparnasse Vidéo, septembre 2007 – Format PAL région 2 – 95 mn – 10,00 €.

Laisser un commentaire