Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie

Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie

Un guide bien utile pour se constituer sa petite discothèque idéale côté rock, hip hop, soul… et plus encore

De tous les péchés que j’ai dû confesser au petit Jésus, il y en a deux dont j’aimerais vous parler. Inutile d’éloigner les enfants : ce sont de mignons péchés.

Le premier concerne ma passion pour les listes. Je peux passer des heures à recenser et classer mes 5, 10, 50 chansons, disques, artistes préférés. Du mois, de l’année, de tous les temps. Je peux aussi faire des listes pour les films, les livres, les buts, les candidats à la candidature et tout un tas d’autres choses… mais depuis l’avènement de l’ipod, les listes musicales ont pris un net avantage. Ne me jetez pas la pierre : c’est un péché largement diffusé dans nos sociétés consuméristes, notamment en fin d’année. Il est également fréquent chez les mélomanes et Nick Hornby a écrit des pages assez amusantes sur le sujet dans Haute Fidélité.

Le second est une conséquence directe de l’érudition dont je peux me targuer (damned ! un autre péché…) en matière de rock et de folk. La revue éponyme m’a si longtemps servi de catéchisme que Bob Dylan, les Rolling Stones et leurs enfants n’ont aujourd’hui plus beaucoup de secrets pour moi. Et lorsque me tombent entre les mains des publications qui traitent de mon sujet de prédilection, j’aime à y chercher la petite bête.

Lorsqu’on est sujet à de telles déviances, on craint et convoite Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie comme une tentation du Malin. Pensez un peu : la fine fleur de la critique musicale anglo-saxonne chroniquant cinquante ans de « rock, hip hop, soul, dance, world music, pop, techno… ». Entre le plaisir de parcourir l’ouvrage (photos, citations, listes des chansons accompagnent la plupart des critiques), et celui de chercher les erreurs, inévitables vu l’ampleur de la tâche, je me préparais donc à me damner.

C’était compter sans l’intervention de Michka Assayas, dont la préface invite à la bienveillance. Parce que c’est Noël, et que c’est le directeur de l’impeccable Dictionnaire du rock qui le demande, j’ai obéi : je garderai pour moi les oublis que j’ai repérés (quand bien même il s’agirait, par exemple, des regrettés Georgia Satellites…).
Je ne critiquerai pas le nombre d’albums retenus par artiste – il n’y en a qu’un pour Bonnie « Prince » Billy alors que l’on trouve jusqu’à trois disques sélectionnés pour certains de mes chanteurs détestés favoris (ils se reconnaîtront).
Je ne m’offusquerai pas de ce qu’ait été choisi un disque plutôt qu’un autre pour certains auteurs (The rising de Springsteen et pas The river ?!).
Je ne m’étranglerai pas davantage en voyant les morceaux recommandés sur un disque (« Stray Cat Blues » fait partie de mon Top 10 des chansons-que-j’emmènerais-sur-une-île-déserte, for Christ sake !!!).
Enfin, je reconnaîtrai la qualité des textes, malgré les contraintes du format qui mènent parfois à l’imprécision (commenter la pochette publiée de Beggars banquet sans évoquer l’originale censurée, est-ce bien raisonnable ?).

Entendons-nous bien : les griefs qui se sont glissés dans les lignes ci-dessus ne sont pas grand-chose au regard des satisfactions qu’apporte Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie. Et comme chacun sait, la satisfaction est une chose difficile à atteindre. Accueillons donc cet ouvrage dans notre collection de bibles, et ne l’oublions pas pour les étrennes des bienheureux néophytes (et des ronchons érudits) autour de nous.

g. ménanteau

   
 

Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie (édition française préfacée par Michka Assayas), ouvrage publié sous la direction de Robert Dimery , Flammarion, 960 p. – 29,90 €.

 
     
 

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