Le déclic claque

Le déclic claque

Les portes laissent passer râles et gémissements. Si deux corps exultent, des sons inarticulés éloignent toute parole audible pour étouffer les confidences. De murmures, nous n’avons rien à affirmer puisque nous n’entendons aucun mot d’un transport amoureux. Les vocables se réduisent soit à des sophismes soit à des sons d’apparence déchirants. Ils ne sont pas faits pour nous rassurer : à intervalles réguliers, nous croyons reconnaître un cauchemar.

Mais ce n’est qu’une hallucination. La rumeur semble bruyante ou extrêmement paisible, donnant la sensation que quelque chose ne pourrait s’arrêter. Il s’agit alors de spéculer sur quelque chose sans rien savoir quoi encore. Partir assez tôt pour précéder nos hypothèses évite de tramer une théorie. Nous prétendons surprendre le monde mais, par les portes, nous nous trouvons rejetés dans des abîmes de mélasses ou de tergiversations.
Certes, il n’y a là pas de quoi fouetter un chat. Des personnes peuvent se livrer à leurs actions ou affronts. Mais méprisons nos fanfaronnades Sachons nous taire car au dehors est le soleil. Dedans, des lunes sont à notre place.

jean-paul gavard-perret

Photo : Barbara Cole

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